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Activision avale l'éditeur de Candy Crush pour 5,9 milliards US

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Activision a annoncé lundi soir le rachat de King Digital Entertainment, l'éditeur britannique de Candy Crush, pour environ 5,9 milliards de dollars.

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Sophie ESTIENNE
Agence France-Presse
SAN FRANCISCO

Activision Blizzard (ATVI), l'éditeur américain d'un des jeux vidéo sur console les plus vendus au monde, «Call of Duty», prend résolument le virage du mobile en avalant les populaires bonbons multicolores de «Candy Crush».

Activision a annoncé lundi soir le rachat de King Digital Entertainment (KING), l'éditeur britannique de Candy Crush, pour environ 5,9 milliards de dollars.

L'opération va donner naissance à un nouveau géant mondial avec «plus d'un demi-milliard d'utilisateurs actifs dans 196 pays» et un portefeuille comprenant «10 des marques les plus emblématiques au monde» dans le secteur des jeux vidéo, précise le communiqué.

«L'addition des activités très complémentaires de King va positionner Activision Blizzard comme un leader mondial dans le divertissement interactif, à travers le mobile, les consoles et les PC, et positionner l'entreprise pour sa croissance future», ajoute-t-il.

Activision estime que l'acquisition devrait avoir un effet positif sur ses bénéfices dès 2016, l'aider à diversifier ses sources de revenus en exploitant l'expertise de King dans les micropaiements à l'intérieur des jeux mobiles, et élargir son audience à un public plus diversifié, réunissant des joueurs chevronnés comme amateurs, hommes comme femmes, et vivant dans des pays développés comme sur des marchés émergents.

Complémentarité

Le groupe américain édite une série de titres extrêmement populaires parmi les joueurs chevronnés sur consoles, comme «Call of Duty» dont un nouveau volet sort en fin de semaine, ou encore «Warcraft», «Diablo», «Skylander», et le plus récent «Destiny».

King, créé en 2002, a, lui, bâti sa renommée sur des jeux sur téléphones intelligents moins sophistiqués mais qui séduisent un plus grand public. Souvent gratuits au départ, contrairement aux jeux traditionnels, ils proposent par la suite aux joueurs de payer pour obtenir des accessoires virtuels les aidant à progresser dans le jeu ou passer à une nouvelle phase quand ils sont bloqués. C'est aujourd'hui le segment du marché des jeux vidéo affichant la croissance la plus rapide, avec des revenus mondiaux qui devraient atteindre tous éditeurs confondus plus de 36 milliards de dollars d'ici fin 2015, souligne le communiqué.

L'éditeur britannique affiche toutefois des performances assez décevantes à la Bourse de New York, où il avait fait son entrée l'année dernière mais où les investisseurs se sont très vite inquiétés de sa grande dépendance à un seul vrai succès, Candy Crush. L'action de King avait encore clôturé lundi à 15,54 dollars, bien en dessous de son cours d'introduction de 22,50 dollars.

L'offre d'Activision, qui a été validée à l'unanimité par les conseils d'administration des deux sociétés, offre une belle prime aux actionnaires actuels de King, puisqu'elle prévoit le versement de 18 dollars par action en numéraire. La transaction devrait être bouclée d'ici au printemps 2016, sous réserve du feu vert des actionnaires et des autorités compétentes.

Activision compte laisser King opérer comme une entité indépendante sous la direction de son patron actuel, Riccardo Zacconi, et de son directeur créatif Sebastian Knutsson, mais en lui apportant «de l'expérience, du soutien et de l'investissement pour continuer de bâtir sur leur incroyable héritage et atteindre un nouveau potentiel», explique Bobby Kotick, le directeur général du groupe américain.

«Les revenus et bénéfices combinés (des deux groupes) solidifient notre position comme l'entreprise indépendante la plus grande et la plus rentable dans le divertissement interactif», ajoute M. Kotick.

Activision a encore dépassé les attentes du marché au troisième trimestre de 2015, pour lequel il a publié parallèlement ses résultats lundi et où il a dégagé un bénéfice net de 127 millions de dollars, pour un chiffre d'affaires de 990 millions de dollars, en hausse de 31% sur un an.

Le groupe a également relevé ses prévisions annuelles: il vise désormais sur un chiffre d'affaires de 4,530 milliards de dollars, contre 4,425 milliards jusqu'ici, et un bénéfice par action de 1,31 dollar au lieu de 1,30 dollar.

Sur les douze mois achevés fin septembre, Activision affichait un bénéfice net de 1,1 milliard de dollars pour un chiffre d'affaires de 4,9 milliards, et King un bénéfice d'environ 600 millions de dollars pour 2,1 milliards de dollars de revenus.




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