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Nouvelles avenues de croissance pour Cogeco

Pour mieux rivaliser avec Bell et Telus, Cogeco... (PHOTO DAVID BOILY, LA PRESSE)

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Pour mieux rivaliser avec Bell et Telus, Cogeco mise sur TiVo, un enregistreur numérique qui donne accès aux fournisseurs de contenu internet comme YouTube et Netflix. «L'idée derrière TiVo, c'est de ralentir les pertes de clients», explique Louis Audet, PDG de Cogeco.

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Sylvain Larocque
La Presse

Bell et Telus font la vie dure à Cogeco (T.CGO) dans les régions du Québec et de l'Ontario. L'entreprise montréalaise a répliqué en se lançant dans de nouveaux marchés. Jusqu'ici, le pari est gagnant.

Depuis quelques années, Bell et Telus offrent les services de télévision filaire Fibe et Optik. Le déploiement a commencé dans les grandes villes, mais il rejoint aujourd'hui environ le tiers des territoires desservis par Cogeco Câble. Les analystes prévoient qu'à terme, Fibe et Optik couvriront 70% de ces zones, qui sont composées principalement de villes secondaires du Québec et de l'Ontario.

L'offensive fait mal à Cogeco. L'an dernier, pour la première fois depuis longtemps, l'entreprise a enregistré une perte nette de clients résidentiels, tout comme Rogers, le câblodistributeur dominant en Ontario. Pendant la même période, la croissance s'est poursuivie chez Bell, Telus et Vidéotron.

«Quand des concurrents arrivent avec un service bonifié, c'est normal que des gens veuillent l'essayer», expose calmement le PDG de Cogeco, Louis Audet, dans son bureau de Place Ville-Marie.

L'homme de 63 ans dirige Cogeco depuis 1993. Il a pris la relève de son père Henri, qui a fondé l'entreprise en 1957 et qui est mort en 2012 à l'âge de 94 ans.

Pour mieux rivaliser avec Bell et Telus, Cogeco mise sur TiVo, un enregistreur numérique qui, en plus des chaînes conventionnelles, donne accès aux fournisseurs de contenu internet comme YouTube et Netflix. Seul câblodistributeur à offrir TiVo au Canada pour l'instant, Cogeco a lancé le produit en Ontario en novembre et fera de même au Québec au printemps.

«L'idée derrière TiVo, c'est de ralentir les pertes de clients, explique M. Audet. Aux États-Unis, ça fonctionne. Là, on va voir ce que ça donne au Canada.»

Il reste que, pour l'instant, ce qui aide le plus Cogeco à contrer la concurrence accrue dans l'industrie du câble, c'est sa diversification. Ce n'est pas un phénomène nouveau pour l'entreprise: elle est active dans la radio depuis 1986 et est présente à l'étranger depuis 2006.

La stratégie de diversification de Cogeco s'est toutefois raffinée avec les années. En 2008, l'entreprise a élargi sa présence dans un marché en forte croissance, celui des réseaux de données, en faisant l'acquisition de Toronto Hydro Telecom pour 200 millions. Cinq ans plus tard, l'achat de Peer 1 Network Enterprises, au coût de 526 millions, a permis à Cogeco de prendre de l'expansion au Canada, aux États-Unis et en Europe. Aujourd'hui, les services de données génèrent 15% des revenus de Cogeco.

Réussite aux États-Unis

En 2013, Cogeco a mis la main sur le câblodistributeur américain Atlantic Broadband pour 1,4 milliard US. Les analystes financiers, qui avaient encore frais en mémoire l'échec de Cogeco au Portugal, ont grincé des dents. Après tout, l'entreprise a perdu des centaines de millions dans l'aventure Cabovisão, finalement abandonnée en 2012, après cinq ans et demi d'efforts.

Avec Atlantic Broadband, Louis Audet croit avoir confondu les sceptiques. «Les observateurs tenaient pour acquis que la concurrence était plus forte aux États-Unis qu'au Canada. Or, c'est faux. Le marché est plus fragmenté là-bas qu'ici», souligne le dirigeant.

Les investisseurs ont fini par lui donner raison: au cours des 12 derniers mois, l'action de Cogeco a gagné 26%, soit davantage que ses pairs canadiens, à l'exception de Québecor.

Ayant digéré un an plus tôt que prévu les acquisitions de Peer 1 et d'Atlantic Broadband, Cogeco pourrait reprendre les emplettes en 2015. L'entreprise sera surtout à la recherche de câblodistributeurs de taille moyenne du Nord-Est américain susceptibles de s'intégrer facilement à Atlantic Broadband.

«On veut de la croissance, mais on veut aussi conserver la confiance de nos actionnaires», glisse M. Audet. Rogers détient une participation minoritaire dans Cogeco, mais ne peut pas acquérir l'entreprise sans l'accord de la famille Audet, qui possède 71% des droits de vote et qui n'entend pas vendre de sitôt.

Cogeco ne regrette pas sa décision de ne pas s'être dotée d'un réseau de téléphonie sans fil, jugeant qu'il lui aurait été difficile de rentabiliser un tel investissement. L'entreprise n'exclut toutefois pas de revendre un jour le service cellulaire offert par une autre entreprise, comme l'a déjà fait Vidéotron avec Rogers. «Mais à nos yeux, ce n'est pas essentiel», insiste M. Audet.

La diversification est aussi la nouvelle réalité de la division médias de Cogeco, qui a enregistré des revenus de 148 millions l'an dernier, soit 7% du chiffre d'affaires total. Avec l'acquisition du réseau d'affichage Métromédia en 2011, Cogeco peut désormais offrir à ses clients des forfaits publicitaires combinés à la radio et dans les transports en commun.

L'entreprise espère ainsi pallier les difficultés du marché de la radio, où les marges bénéficiaires sont sous pression. «Ce n'est pas un problème d'auditoires, assure M. Audet. Mais les annonceurs ont tendance à investir moins.»

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COGECO EN BREF

Entrée en Bourse: 1986

Chiffre d'affaires (2014): 2,1 milliards (+14%)

Profits nets (2014): 210 millions (+11%)

Employés: 4900

Forces:

- Bonne diversification sectorielle et géographique

- Rentabilité plus élevée que celle des pairs

Faiblesses:

- Vulnérabilité par rapport aux acteurs dominants du marché

- Possibilités d'expansion limitées au Canada




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