Le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) a terminé sa première de deux semaines d'audiences sur l'avenir de la télévision. Une quarantaine de groupes, entreprises et individus ont présenté leur point de vue sur la manière d'adapter les règles canadiennes aux nouvelles réalités comme Netflix et la télévision à la carte. Résumé d'un débat aux multiples aspects.

Publié le 13 sept. 2014
HUGO DE GRANDPRÉ LA PRESSE

Quelles règles pour Netflix et YouTube?

Google a donné le coup d'envoi aux audiences en plaidant contre la proposition d'étendre aux plateformes en ligne comme Netflix et YouTube la réglementation déjà imposée par le CRTC à la télévision traditionnelle. De telles règles pourraient forcer ces entreprises à contribuer au Fonds des médias du Canada, a suggéré Radio-Canada. Mais Google a affirmé que de tels changements « imposeraient des fardeaux significatifs aux services en ligne et auraient un effet dissuasif majeur pour développer ou investir dans ces plateformes au Canada ». Québecor a plaidé en revanche pour que le fardeau réglementaire des diffuseurs traditionnels soit allégé afin de leur permettre de faire concurrence aux nouveaux acteurs numériques.

Les forfaits de base et la télé à la carte

Le CRTC envisage de forcer les entreprises de câblodistribution à offrir un forfait de base plus modeste et n'incluant que des chaînes canadiennes. L'offre de chaînes de télévision à la carte, déjà présente au Québec, pourrait aussi devenir la norme partout au pays. De grandes entreprises comme Rogers, de même que des syndicats et groupes de pression, ont exprimé haut et fort leur désaccord avec l'une ou l'autre de ces propositions, ou les deux. L'un des arguments présentés est que la télévision à la carte pourrait faire disparaître certaines chaînes plus spécialisées qui ne peuvent survivre qu'à l'intérieur d'un forfait.

Fini les antennes?

Un différend de longue date entre les télédiffuseurs et les câblodistributeurs a refait surface au cours des derniers jours : celui de la compensation des diffuseurs pour les signaux qui peuvent être captés par une simple antenne, puis redistribués par les câblos. « Les stations locales ne seraient plus tenues d'exploiter des émetteurs », a proposé le CRTC dans un document publié en vue des audiences. Bell estime que cela « empirerait une situation déjà critique ». Radio-Canada au contraire l'encourage, afin de permettre aux télédiffuseurs d'alimenter les distributeurs « avec toute autre technologie de transmission qu'ils jugent appropriée ». Selon l'Union des consommateurs, il s'agirait toutefois d'une mauvaise nouvelle pour les téléspectateurs à faible revenu qui peuvent compter sur ces signaux pour regarder la télévision.

Les vraies annonces du Super Bowl

Le CRTC a reçu 458 plaintes au sujet de la substitution en simultané en 2013, dont 20 % portaient sur les publicités du Super Bowl. Cette technique permet aux câblodistributeurs de remplacer des publicités américaines par du contenu canadien pour rentabiliser l'achat de la programmation. L'exemple le mieux connu est celui du Super Bowl. La proposition du CRTC d'abolir la pratique a fait fortement réagir les câblodistributeurs cette semaine. Rogers affirme que cette nouvelle orientation pourrait lui causer « un tort irréparable ».

Radio-Canada veut un abonnement payant

Vendredi, Radio-Canada a avancé que les Canadiens sont prêts à payer pour avoir accès à la programmation de CBC/Radio-Canada. « Les Canadiens sont rendus là », a résumé un vice-président de la société d'État. Les cadres de CBC/Radio-Canada ont martelé que le modèle d'affaires de la télévision traditionnelle devait être réformé en profondeur. « Il y a quelque chose qui ne fonctionne plus. On veut simplement que les généralistes canadiennes se fassent payer pour le contenu qu'elles créent et qu'elles vous livrent à la maison », a exposé le président et chef de la direction, Hubert Lacroix.

-Avec La Presse Canadienne