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L'assurance-emploi en panne

Les chômeurs qui font une demande d'assurance-emploi doivent... (PHOTO SARAH MONGEAU-BIRKETT, LA PRESSE)

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Les chômeurs qui font une demande d'assurance-emploi doivent attendre au moins deux semaines avant de recevoir des prestations.

PHOTO SARAH MONGEAU-BIRKETT, LA PRESSE

L'erreur de Statistique Canada dans ses plus récentes données sur le marché du travail, publiées vendredi dernier, s'avère d'une ampleur telle qu'elle a provoqué le gel des nouvelles demandes de prestations d'assurance-emploi.

Au cabinet du ministre fédéral de l'Emploi, Jason Kenney, on a confirmé en fin de journée hier que le traitement des nouvelles réclamations était suspendu jusqu'à ce que l'agence corrige son erreur.

Mardi, Statistique Canada avait annoncé avoir découvert une erreur dans son rapport sur le marché de l'emploi en juillet qu'elle avait publié quatre jours plus tôt.

L'agence fédérale a aussi promis qu'un rapport révisé et corrigé serait publié dès demain, une semaine après la publication des données qui se sont avérées erronées.

Dans le rapport initial de vendredi dernier, Statistique Canada indiquait qu'il s'était créé seulement 200 emplois en juillet et que 35 400 personnes avaient cessé de chercher du travail.

Dans la gestion des prestations d'assurance-emploi, le rapport mensuel de Statistique Canada sert à déterminer les taux régionaux de chômage qui ont ensuite une incidence directe sur le nombre de semaines de travail qu'une personne doit avoir accumulé pour être admissible aux prestations.

Au cabinet du ministre fédéral de l'Emploi, on a précisé que le gel jusqu'à demain au moins des nouvelles réclamations d'assurance-emploi ne devrait pas avoir de répercussions sur la durée subséquente de traitement des demandes.

Les chômeurs qui font une demande d'assurance-emploi doivent attendre au moins deux semaines avant de recevoir des prestations.

Impact financier

En attendant qu'elle corrige son erreur, Statistique Canada voit néanmoins sa réputation mise à mal parmi les analystes financiers et les économistes du milieu des affaires.

«L'enquête sur le marché du travail est l'indicateur économique le plus suivi par les marchés financiers», a rappelé Stéfane Marion, économiste en chef et stratège des marchés à la Banque Nationale.

«Cette erreur ternit l'image de Statistique Canada après qu'elle a tout tenté, récemment, pour nous rassurer sur la fiabilité de son enquête mensuelle. Quelle est l'ampleur de son erreur? Il nous faut attendre trois jours [de mardi à vendredi] pour le savoir.»

Dans son énoncé mensuel sur l'emploi, publié vendredi dernier, Statistique Canada avait fait état de la création d'à peine 200 emplois en juillet. Ce chiffre était très inférieur aux prévisions des analystes et des économistes du secteur financier, qui s'attendaient à près de 20 000 emplois créés.

Dès l'annonce d'une création d'emplois aussi anémique, vendredi, le dollar canadien avait nettement fléchi, passant 91,60 à 91,05 cents US en cours de séance.

Mais lors de la séance suivante, lundi en après-midi, les premières rumeurs d'une correction des données de l'emploi ont fait remonter le taux de change du dollar canadien autour des 91,60 cents US.

«Les marchés financiers, et celui des devises en particulier, surveillent les données de l'emploi parce qu'elles ont une incidence sur la politique monétaire [taux d'intérêt] de la Banque du Canada. Par ailleurs, l'évolution de cette politique monétaire affecte directement la valeur attribuée au dollar canadien, particulièrement par rapport au dollar américain», a expliqué Luc de la Durantaye, premier vice-président en répartition d'actif et gestion des devises chez Gestion d'actifs CIBC, à Montréal.

Quant à déterminer les investisseurs gagnants ou perdants d'une telle volatilité imprévue du dollar canadien, à très court terme, Luc de la Durantaye estime qu'il est difficile d'en faire un bilan général parce que «ça dépend des positions de devises de chaque investisseur».

- Avec La Presse Canadienne et Bloomberg

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ILS ONT DIT

« La source de l'erreur a été identifiée, et des corrections seront diffusées le vendredi 15 août 2014. Statistique Canada prend cette situation très au sérieux et entreprend immédiatement un examen des processus de vérification des données actuellement en place. Cette situation n'a aucune incidence sur les autres programmes statistiques. » - Statistique Canada (dans son communiqué mardi midi)

« C'est très inhabituel pour Statistique Canada d'avoir à corriger rapidement des données tout juste publiées, au lieu d'attendre une révision lors de la prochaine publication mensuelle. Les marchés financiers le perçoivent comme un signe que les chiffres de la création d'emplois étaient sous-estimés. » - Blake Jespersen, directeur de gestion des devises, Groupe financier BMO (Banque de Montréal)

« Le dommage à la réputation de Statistique Canada dépendra de l'ampleur de la correction des données. Si elle s'avère réduite et sans conséquence sur le constat de faiblesse du marché de l'emploi, elle sera vite pardonnée et oubliée. Mais si la correction s'avère significative, ce serait certainement très embarrassant pour Statistique Canada. » - Avery Shenfeld, économiste en chef, Marchés mondiaux CIBC

« Je n'ai pas souvenir d'une erreur de cette ampleur chez Statistique Canada. Et quoiqu'elle semble vouloir la corriger rapidement, c'est frustrant parce que ça provoque plus de volatilité à court terme sur les marchés financiers et monétaires. » - David Tulk, stratège financier pour le Canada, Banque Toronto-Dominion (TD)




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