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Faillite de Benjamin: coup dur pour les magazines québécois

L'insatisfaction est grande chez l'ensemble des éditeurs de magazines,... (PHOTO SARAH MONGEAU-BIRKETT, ARCHIVES LA PRESSE)

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L'insatisfaction est grande chez l'ensemble des éditeurs de magazines, qui avaient cru Paul Benjamin lorsqu'il avait annoncé, l'hiver dernier, qu'il cessait ses activités faute de relève.

PHOTO SARAH MONGEAU-BIRKETT, ARCHIVES LA PRESSE

La faillite récente du distributeur Benjamin provoque une véritable onde de choc dans le milieu des magazines québécois. Pour plusieurs d'entre eux, ce sont des dizaines, voire des centaines de milliers de dollars qui s'envolent, dans un contexte financier déjà difficile.

En gros, le distributeur est celui qui fait le lien entre l'éditeur et le détaillant qui vend le magazine. Par exemple, l'éditeur Transcontinental donne 50 000 exemplaires de Véro ou Elle Québec à son distributeur, qui s'assure, contre commission, que la publication est offerte en kiosque. À la fin du mois (ou du trimestre, etc.), les détaillants renvoient le fruit de la vente des publications ainsi que les exemplaires invendus au distributeur, qui paie l'éditeur et lui remet ses magazines invendus.

Sauf exception, c'est le résultat des ventes de mars et d'avril derniers qui a disparu avec la faillite de Benjamin.

Les petites publications touchées

Parmi les plus touchés, les petites publications qui ne font pas partie de grands groupes de presse, comme la revue Nouveau Projet ou le magazine littéraire Nuit blanche.

Chez Nouveau Projet, en début de semaine, on criait carrément au secours! L'avenir du magazine publié deux fois l'an par la petite maison d'édition Atelier 10 - qui édite aussi des livres - semblait menacé.

Mais après un appel au soutien public qui a reçu une réponse enthousiaste, l'éditeur Nicolas Langelier semblait plus serein, hier matin. «En quelques jours, nous avons eu 300 nouveaux abonnements ainsi que des renouvellements et des dons en argent, raconte-t-il. Ça ne comble pas notre perte de quelque 65 000$, mais ça permet de continuer. Comme nous sommes une jeune maison d'édition, nous n'avons pas eu le temps de nous constituer une réserve. On survit de chèque en chèque. On ne peut pas réduire nos coûts davantage.»

Un réseau déjà fragile

Chez Nuit blanche, un magazine littéraire basé à Québec qui publie quatre fois l'an, on estime avoir perdu 8000$ dans la faillite de Benjamin. «Pour nous, c'est très lourd de conséquences, explique la directrice de la publication, Suzanne Leclerc. Déjà que les subventions diminuent comme peau de chagrin, nous n'avions pas du tout vu venir ce qui arrive. Nous ne fermerons pas nos portes, mais nous devrons nous ajuster.»

L'éditeur de Protégez-vous, David Clerk, qui siège également au conseil d'administration de l'Association des magazines du Québec, estime que l'impact de cette faillite est très rude. Benjamin devait environ 450 000$ à Protégez-vous. «C'est un coup dur, pas de doute, affirme-t-il. Aux États-Unis, le deuxième distributeur en importance vient de déclarer faillite. C'est un réseau très fragile. Les acteurs importants, Transcontinental, par exemple, vont s'en remettre, mais pour les petits et les indépendants, c'est un choc.»

Aux éditions Vélo Québec aussi, on accuse le coup. «On ne fera pas faillite, mais c'est certain que ça nous fragilise encore plus, admet le directeur général, Pierre Sormany. Déjà qu'il y a deux ans, la taxe pour le recyclage imposée par le ministère de l'Environnement nous avait forcés à payer une somme d'environ 60 000$. L'an dernier, nous avons dû nous serrer la ceinture une fois de plus pour équilibrer notre budget. On ne peut pas couper davantage, il y a déjà des employés qui sont en congé sans solde. Il faudra voir si notre conseil d'administration accepte que nous soyons déficitaires.»

Des doutes sur M. Benjamin

L'insatisfaction est grande chez l'ensemble des éditeurs de magazines qui avaient cru Paul Benjamin lorsqu'il avait annoncé, l'hiver dernier, qu'il cessait ses activités faute de relève. C'est le distributeur LMPI qui avait récupéré une grande partie des activités de Benjamin ainsi que ses employés. Aujourd'hui, bon nombre d'éditeurs se demandent si M. Benjamin n'avait pas vu venir la faillite.

Ils doivent rencontrer les dirigeants de LMPI demain pour savoir s'ils récupéreront une partie des sommes perdues. Une assemblée des créanciers (dont La Presse) devrait également avoir lieu d'ici le 14 juillet, du moins selon la Loi sur les faillites.




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