Téléphones intelligents: Lenovo confirme ses ambitions mondiales

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Lenovo, issue d'une petite entreprise fondée en 1984 à Pékin par une poignée d'ingénieurs, reprend la marque Motorola et les produits déjà lancés ou en préparation.

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Felicia SONMEZ
Agence France-Presse

En rachetant en 2005 les PC d'IBM, le groupe Lenovo avait de façon fracassante illustré le basculement de l'industrie informatique des États-Unis vers la Chine: en acquérant aujourd'hui les téléphones intelligents de Motorola, le géant chinois confirme ses ambitions planétaires.

Pour les observateurs du secteur, pas de doute: Lenovo va tenter grâce à Motorola de rééditer sur le créneau des téléphones intelligents la formidable percée qu'il a enregistrée sur celui des PC grâce à IBM.

Le groupe chinois occupe en effet désormais le premier rang mondial des fabricants d'ordinateurs personnels, après une internationalisation rapide qui l'a vu conquérir de nouveaux marchés notamment dans les pays émergents.

«Lenovo aspire à être une entreprise électronique "globale" en termes géographiques, mais aussi en termes de produits», résume Jean-François Dufour, directeur de DCA Chine-Analyse.

Moins de deux ans après voir acheté Motorola, Google a annoncé mercredi la cession des téléphones intelligents de la marque à Lenovo pour 2,91 milliards de dollars en numéraire et en actions. Le géant américain de l'internet a précisé conserver «la vaste majorité» du portefeuille de brevets de Motorola Mobility.

Lenovo, issue d'une petite entreprise fondée en 1984 à Pékin par une poignée d'ingénieurs, reprend la marque Motorola et les produits déjà lancés ou en préparation.

Un pari risqué pour le groupe chinois, comme l'a prouvé la chute du cours de son action aussitôt qu'a été connue la transaction.

L'acquisition des téléphones intelligents Motorola donne à Lenovo «l'occasion de devenir immédiatement un acteur solide au niveau mondial dans le secteur en forte croissance des téléphones intelligents», a de son côté assuré Yang Yuanqing, le PDG du groupe chinois.

À la différence de ce qui s'était passé avec l'acquisition de la division PC d'IBM, «ce n'est pas le transfert de technologies qui intéresse le géant chinois de l'électronique», analyse M. Dufour.

Selon lui la réelle motivation de Lenovo dans cette acquisition «est la marque encore porteuse constituée par l'historique Motorola».

Le géant chinois souffre en effet d'un «cantonnement chinois» en matière de téléphones intelligents, même s'il y a enregistré en 2012-2013 une «progression fulgurante», qui l'a mené au troisième rang des ventes mondiales (derrière Samsung et Apple) au troisième trimestre 2013.

«Les ventes d'ordinateurs de Lenovo se font pour 40 % en Chine, mais pour 60 % dans le reste du monde. Par contre, sa très récente émergence dans les téléphones intelligents reste concentrée en Chine, qui absorbe ici 95 % de ses ventes contre 5 % seulement pour l'international», détaille M. Dufour.

Par rapport au secteur des PC, le marché des téléphones intelligents «est un terrain d'affrontement très différent, avec des acteurs solidement établis comme Apple et Samsung, qui mènent le bal», confirme Varun Goel, de Karvy Stock Broking.

«Lenovo jouit d'une expertise dans le hardware, alors qu'aujourd'hui ce sont des logiciels plus intelligents qui font avancer l'industrie des téléphones intelligents», ajoute ce spécialiste.

Toutefois, «nul n'est certain qu'avec cette acquisition les actionnaires de Lenovo s'y retrouveront sur le long terme», tempère-t-il.

L'agence de presse officielle Chine nouvelle, dans un commentaire cette semaine, a souhaité que l'alliance Lenovo-Motorola soit accueillie dans l'optimisme plutôt que par des doutes. Un voeu exprimé alors que plusieurs groupes chinois ont suscité des inquiétudes ces dernières années aux États-Unis.

Cette «combinaison amicale», assortie de la promesse de Lenovo de ne procéder à aucun licenciement chez Motorola, a pour objectif un résultat «gagnant-gagnant», a affirmé Chine nouvelle.

L'expansion mondiale de Lenovo s'est également traduite par le rachat il y dix jours des serveurs d'entrée de gamme d'IBM, pour quelque 2,3 milliards de dollars, dont 2,07 milliards en numéraire et le reste en actions.




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