Le groupe japonais de services télécoms NTT Communications a annoncé le rachat de 91,2% du spécialiste français des services de vidéoconférence Arkadin, lundi au moment où sa maison mère, NTT, faisait état de résultats trimestriels peu ou prou stables.

Publié le 5 août 2013
AGENCE FRANCE-PRESSE

Le montant de la transaction n'a pas été précisé.

«NTT Communications Corporation, Arkadin International et Axa Private Equity (...) annoncent conjointement aujourd'hui avoir entamé des négociations exclusives concernant l'acquisition par NTT Communications d'une participation majoritaire dans Arkadin, le numéro trois mondial des services de collaboration», ont expliqué les trois groupes dans un communiqué.

Axa Private Equity, filiale de l'assureur français Axa spécialisée dans l'investissement dans les sociétés non cotées, avait acquis l'an passé 45% d'Arkadin et en demeurait le principal actionnaire.

Un porte-parole de NTT Communications a précisé à l'AFP que le groupe nippon s'était mis d'accord avec Axa Private Equity et d'autres actionnaires d'Arkadin, qui n'est pas coté en Bourse.

L'entreprise nippone montera à hauteur de 91,2% du capital d'Arkadin, sous réserve d'approbation par les autorités de la concurrence.

Fondée en 2001, Arkadin fournit des services de communications audio, web et vidéo-conférence à quelque 37 000 clients dans 32 pays. Elle emploie un millier de salariés.

«Arkadin entre dans une nouvelle phase de son développement avec le soutien et l'expertise industrielle de NTT Communications (NTTC) dans le secteur, et ce afin de continuer à servir nos clients et partenaires dans le monde entier», s'est félicité le PDG d'Arkadin, Olivier de Puymorin, cité dans le communiqué.

«L'objectif était de trouver un partenaire industriel qui vienne compléter notre offre. On proposait déjà des services à NTTC sur le marché japonais, ils ont regardé notre business model et trouvé qu'il y avait une bonne complémentarité entre nous. Cela s'est fait très naturellement», a déclaré M. de Puymorin à l'AFP.

Il a souligné le fait que Arkadin «ne se marie pas avec n'importe qui, mais avec une entreprise dont la maison-mère est le premier opérateur mondial des télécoms. Et dans notre métier, avoir l'infrastructure réseau, c'est un énorme avantage».

«Nous restons indépendants et continuons sous la marque Arkadin», a précisé le PDG du groupe qui a réalisé en 2012 un chiffre d'affaires de 188 millions d'euros (245 millions de dollars), «en croissance à deux chiffres chaque année».

Du côté de NTT Communications, un vice-président, Toru Maruoka, s'est réjoui de l'acquisition «d'un des acteurs qui enregistre la croissance la plus rapide dans le secteur». «L'infrastructure mondiale et la qualité du service client d'Arkadin va renforcer l'offre de NTT Communications que ce soit dans l'audio conférence, la vidéo-conférence, mais également dans les communications unifiées», a-t-il ajouté.

La maison-mère de NTT Communications, le tentaculaire groupe japonais des télécommunications fixes et mobiles NTT, a fait état dans le même temps de résultats assez stables pour le trimestre d'avril à juin, le premier de l'exercice comptable d'avril 2013 à mars 2014.

Appuyé sur les bénéfices toujours solides de sa filiale de télécommunications cellulaires, NTT Docomo, NTT a annoncé avoir élevé de 6,5% son bénéfice net à 166,7 milliards de yens, malgré un effritement de 1% de son bénéfice opérationnel à 348,9 milliards de yens.

Ce gain d'exploitation a fléchi en partie parce que NTT Docomo a engagé d'importantes dépenses en infrastructures dans le cadre du passage à la norme ultra-rapide LTE.

Sur le volet fixe, les services de données compensent en partie la baisse des revenus tirés de la téléphonie, grâce à une augmentation des foyers abonnés à la fibre optique, même si le rythme de croissance est désormais plutôt lent. NTT totalisait 17,52 millions de clients fibre optique fin juin, 220 000 de plus que trois mois plus tôt.

NTT cherche aussi à proposer plus de services aux entreprises, y compris l'informatique mutualisée, non seulement au Japon mais aussi à l'étranger, via parfois des rachats de sociétés comme dans le cas d'Arkadin.

Pour l'exercice annuel en cours, le groupe vise toujours un bénéfice net de 585 milliards de yens (+12,1%, 4,5 milliards d'euros au taux de change actuel) et un bénéfice opérationnel de 1230 milliards de yens (+2,3%).