Les consommateurs canadiens ont davantage acheté en mai, s'il faut en croire les plus récentes données de Statistique Canada, ce qui devrait presque certainement déboucher sur une croissance économique plus importante que prévu pour le deuxième trimestre.

Julian Beltrame LA PRESSE CANADIENNE

Les chiffres de l'agence gouvernementale ont impressionné les économistes, qui attendaient en moyenne une hausse de 0,4% des ventes. Statistique Canada a plutôt fait état d'une croissance cinq fois plus importante, de 1,9%, pour mai. Les ventes ont totalisé 40,4 milliards de dollars.

Le volume de ventes a aussi avancé de 1,9%, ce qui est particulièrement significatif pour le calcul du produit intérieur brut. En outre, cela signifie que la hausse du commerce de détail n'est pas attribuable aux fluctuations de prix.

«Il est difficile d'expliquer ce qui s'est passé. On dirait que tout a bien été», a observé Jimmy Jean, économiste pour Desjardins Marchés des capitaux.

«Nous voyons probablement un peu de rattrapage parce que les ventes sont presque stables depuis 2011. Au premier trimestre, les dépenses des consommateurs ont avancé de 0,9% sur une base annualisée. C'était un des plus faibles chiffres à cet égard depuis la récession.»

Pour le deuxième trimestre entamé en avril, cependant, le volume des ventes au détail affiche jusqu'à maintenant une croissance de près de huit pour cent.

Selon M. Jean, ce rapport pourrait faire mal paraître la Banque au Canada, qui mise sur une croissance d'un pour cent pour le deuxième trimestre. Il serait surprenant que le PIB ralentisse autant après avoir affiché une croissance de 2,5% au premier trimestre, compte tenu des données relativement positives publiées depuis. Par ailleurs, il est impossible pour la banque centrale d'avoir prévu les inondations en Alberta et la grève de la construction au Québec.

D'autres économistes doutent aussi de la prévision de la Banque du Canada. L'économiste en chef de la Banque CIBC, Avery Shenfeld, croit que les derniers chiffres sur le détail signifient que sa propre prévision de 1,6% pour le trimestre est un peu trop faible.

«Les prévisions pour le PIB de mai seront révisées à la hausse, tout comme notre prévision pour le deuxième trimestre», a-t-il écrit dans une note aux clients.

Le rapport de Statistique Canada a démontré que la vigueur du commerce de détail s'étendait à tous les secteurs et il comprenait une légère révision à la hausse des ventes pour le mois d'avril, dont la croissance est ainsi passée à 0,2%.

Les ventes de véhicules automobiles et de leurs pièces ont progressé de 4,3%, ce qui a été la plus grande contribution à la hausse du mois de mai.

«Des ventes plus élevées ont été déclarées par les concessionnaires d'automobiles neuves (+3,3%) pour un cinquième mois d'affilée, principalement en raison de ventes plus élevées de camions légers», a écrit l'agence dans son rapport.