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Rupert Murdoch divise son empire médiatique

Rupert Murdoch... (PHOTO FREDERIC J. BROWN, AFP)

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Rupert Murdoch

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Sophie ESTIENNE
Agence France-Presse
New York

L'empire du magnat des médias américains d'origine australienne Rupert Murdoch a vécu ses dernières heures d'unité: son groupe News Corp s'est séparé vendredi soir en deux sociétés, avec l'imprimé d'un côté et l'audiovisuel de l'autre.

News Corp, qui constituait l'un des plus grands groupes de médias au monde avec près de 34 milliards de dollars de chiffre d'affaires annuel et une présence sur plusieurs continents dans la presse, la télévision ou le cinéma, a été coté pour la dernière fois vendredi comme entité unique à la Bourse de New York. L'action a clôturé sur une baisse de 0,34 % à 32,58 dollars.

La «nouvelle» News Corp, recentrée sur la presse et d'édition, et 21 st Century Fox, qui conserve les actifs audiovisuels, sont nées officiellement à 20 h 30 GMT (16 h 30 au Québec), selon des communiqués. Elles feront leurs premiers pas indépendants sur le marché lundi.

Rupert Murdoch a fait valoir que sa multinationale, qu'il avait construite à partir des deux journaux australiens dont il avait hérité il y a une soixantaine d'années, était devenue trop grande et trop complexe pour que sa valeur soit bien prise en compte par les investisseurs.

La scission va «libérer le vrai potentiel de notre portefeuille sans équivalent d'actifs, de marques et de filiales», affirmait-il lors d'une assemblée générale d'actionnaires à la mi-juin.

L'action News Corp vaut déjà presque 50 % de plus aujourd'hui qu'à l'annonce de la scission il y a un an, les analystes s'accordant à dire que le marché a pris en compte le gain de valeur présenté par l'opération.

«Le groupe ne voulait pas que le scandale nuise à ses autres marques»

La scission résulte toutefois aussi, au moins en partie, du scandale des écoutes illégales qui a éclaboussé des tabloïdes britanniques du groupe, le News of the World que l'affaire a poussé à la fermeture et le Sun qui reste le plus gros tirage de la presse au Royaume-Uni.

«Le groupe ne voulait pas que le scandale nuise à ses autres marques comme Fox», son réseau télévisé américain, jugeait la société de recherche Trefis dans un récent rapport.

À la suite du scandale, News Corp avait retiré son offre de rachat des 61 % du réseau télévisé britannique BSkyB qu'elle ne détenait pas encore. La scission, en isolant dans la société d'édition les risques liés à l'enquête toujours en cours sur les écoutes, «peut ouvrir la voie à une nouvelle offre sur BSkyB par 21st Century Fox», envisage Trefis.

Outre Fox et BSkyB, la nouvelle société d'audiovisuel chapeautera notamment les bouquets satellitaires Sky Deutschland et Sky Italia, ainsi que les studios 20th Century Fox. Ces activités pèsent environ 23,5 milliards de dollars de chiffre d'affaires annuel et sont bien plus rentables que celles d'édition.

La nouvelle News Corp n'affichera que 9 milliards de dollars de chiffre d'affaires. Elle associera l'éditeur Harper Collins et une série de journaux, des tabloïdes ou des quotidiens plus prestigieux comme le Wall Street Journal ou le Times de Londres, ainsi que l'agence de presse Dow Jones Newswires.

Le directeur général de la nouvelle News Corp, Robert Thomson, a promis vendredi soir de «poursuivre une fière tradition et de façonner un avenir prospère». Pour Rupert Murdoch, qui reste PDG de 21 st Century Fox, il s'agit «d'étendre nos actifs et marques existants, tout en embrassant de nouvelles opportunités et technologies».

«La séparation est une mesure bienvenue pour les deux unités, mais il sera intéressant de voir comment l'édition peut revivre à une époque où la transition vers internet a réduit les recettes de la publicité et les ventes» des journaux, commente Trefis.

Malgré l'épée de Damoclès représentée par l'affaire des écoutes, avec un procès en septembre au Royaume-Uni et de potentielles demandes de dédommagements en cascade, la société a l'avantage d'être parée pour des acquisitions dès son démarrage, avec aucune dette et 2,6 milliards de liquidités en réserve.

Elle est aussi, comme sa soeur, protégée des raids hostiles grâce à une «pilule empoisonnée» empêchant pendant un an une prise de contrôle à plus de 15 % par un investisseur non membre de la famille Murdoch, qui verrouille aujourd'hui près de 40 % des droits de vote.




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