Amazon (AMZN) a encore vu son bénéfice chuter de 37% au premier trimestre, alors qu'il poursuit ses efforts pour se diversifier au-delà de son activité traditionnelle de distribution en ligne, notamment dans les tablettes et les contenus digitaux.

Sophie Estienne AGENCE FRANCE-PRESSE

Selon des résultats publiés jeudi, le bénéfice net est tombé à 82 millions de dollars, contre 130 millions sur la même période un an plus tôt.

Le bénéfice net avait déjà baissé de 45% au quatrième trimestre 2012, et le nouveau recul avait été anticipé. Il s'avère même moins important que prévu puisque le bénéfice ajusté par action, qui sert de référence au marché, ressort à 18 cents, le double de la prévision moyenne des analystes.

Mais cela contraste avec la forte croissance (+22%) du chiffre d'affaires, qui à 16,07 milliards de dollars reste malgré tout un cran en-dessous des espoirs du marché, qui espérait 16,16 milliards.

Amazon ne cache pas qu'il préfère mettre l'accent sur les investissements qu'il considère porteurs, même si cela doit dans l'immédiat mettre sa rentabilité sous pression. Ses dépenses en «technologies et contenus» ont par exemple encore bondi de 46% au premier trimestre.

Parmi les axes de développement clé, le directeur financier Thomas Szkutak a évoqué, lors d'une conférence avec des analystes, les tablettes de la gamme Kindle, les contenus numériques, ou encore la Chine.

Amazon ne fournit aucun chiffre de vente pour sa tablette vedette, le Kindle Fire. Mais l'institut de recherche IDC avait estimé en janvier que le groupe de distribution était devenu le troisième fabricant mondial de tablettes au quatrième trimestre, derrière Apple et Samsung, avec environ 6 millions d'unités vendues et 11,5% de part de marché. Mais Amazon n'a jamais révélé s'il faisait vraiment des bénéfices sur le Kindle.

M. Szkutak a relevé que l'intégralité du «top 10» des ventes d'Amazon au premier trimestre était constituée de produits de la gamme Kindle ou de contenus numériques. «Je crois que c'est la première fois que nous voyons cela».

L'utilisation du service vidéo «croît très vite»

À l'image de ce qu'a réussi à faire Apple avec son App Store ou Google avec les produits mobiles Android, Amazon s'efforce de développer un écosystème autour du Kindle.

Il a particulièrement mis l'accent ces derniers temps sur ses offres de contenus, rassemblés dans son abonnement «Prime» qui, aux côtés de frais d'expédition gratuits pour les commandes sur son site, permet «d'emprunter» des livres numériques, d'écouter de la musique ou de regarder des contenus vidéo en streaming sans téléchargement.

Amazon commence à faire sérieusement concurrence à des acteurs importants de la vidéo en streaming aux États-Unis, comme Netflix, dans les négociations avec les studios ou les réseaux de télévisions pour les droits (coûteux) de retransmission de films ou de séries.

Et le seul commentaire fait jeudi par le directeur général d'Amazon Jeff Bezos, qui ne participait pas à la conférence d'analystes, mais était brièvement cité dans le communiqué annonçant les résultats, saluait la production de séries originales dans laquelle le groupe vient de se lancer, et «peut devenir un autre moyen pour nous de créer de la valeur».

Selon M. Szkutak, l'utilisation du service vidéo «croît très vite», mais il n'a pas donné là non plus d'indication chiffrée. Et il n'a pas voulu commenter des rumeurs sur lesquelles l'interrogeait un analyste, selon lesquelles Amazon pourrait encore se renforcer dans le domaine vidéo en lançant un décodeur permettant de visionner des films en streaming sur un téléviseur.

L'action Amazon perdait 3,17% à 266 dollars vers 22H40 dans les échanges électroniques suivant la clôture de la Bourse. Les analystes jugeaient un peu faibles ses prévisions pour le trimestre en cours, où le groupe vise des ventes comprises entre 14,5 et 16,2 milliards de dollars (le marché table sur 15,95 milliards), et un résultat d'exploitation compris entre une perte de 340 millions de dollars et un bénéfice de 10 millions.