Attaquée sur la place publique, SNC-Lavalin (T.SNC) est aussi durement malmenée par les marchés. Les actions de la firme d'ingénierie montréalaise ont perdu jusqu'à 5% de leur valeur dans une forte activité, à l'ouverture hier matin, après que l'ancien vice-président de la division const ruction, Riadh Ben Aïssa, eut été officiellement accusé de blanchiment d'argent par la justice suisse.

Mis à jour le 27 nov. 2012
Paul Durivage LA PRESSE

Le titre a toutefois rebondi aussi vite pour réduire ses pertes de moitié. Il a clôturé à 40,17$, en retrait de 91 cents par rapport à la fermeture de vendredi, dans un marché par ailleurs légèrement baissier. Le titre a perdu près du tiers de sa valeur depuis son sommet de 59,95$ établi il y a 10 mois, avant qu'éclate le scandale de pots-de-vin en Afrique du Nord. Un creux de 34,36$ a été touché le 4 septembre.

La justice suisse enquête sur le transit douteux de 139 millions de dollars de la part de SNC-Lavalin, par la banque EFG de Genève, sur les comptes de sociétés extraterritoriales, qui devaient servir d'écran pour faire débloquer un paiement lié à un gigantesque projet de construction d'un fleuve artificiel en plein désert. Une partie de la cagnotte aurait abouti dans les poches de membres du régime libyen de Mouammar Kadhafi et de proches.

Deux fois plus importante

La somme impliquée est deux fois plus importante que celle reconnue par une enquête interne de l'entreprise. Une vérification interne des livres, menée au début de l'année, avait relevé l'existence de transactions douteuses pour une somme de 56 millions faites avec des agents étrangers non nommés. Le grand patron de l'entreprise, Pierre Duhaime, avait perdu son emploi dans la foulée.

L'analyse Maxim Sytchev, de la firme torontoise AltaCorp Capital, croit que les investisseurs ont eu tort d'amputer 190 millions à la valeur boursière de l'entreprise, hier matin. «Une fois de plus, le marché n'aime pas voir le nom de l'entreprise traîné dans la boue, même s'il n'y a aucune implication sur le plan comptable pour SNC-Lavalin », note l'analyste qui maintient sa cible à 52 $ pour le titre, un niveau élevé par rapport à la moyenne de 47,75 $ établie par ses collègues. Un seul des 15 analystes qui suivent le titre préconise de s'en départir, tandis que 7 sont acheteurs et 6 maintiennent leur position.

L'analyste d'AltaCorp estime toujours que le marché attribue une valeur très faible aux activités premières de SNC-Lavalin, tout de même l'un des plus importants groupes d'ingénierie et de construction du monde.

« Nous encourageons les investisseurs à se concentrer sur le bilan parfait de l'entreprise, ses investissements très importants en infrastructures et la capacité de SNC d'aller chercher de nouveaux contrats », écrit-il. La multinationale montréalaise possède notamment l'autoroute 407 en Ontario et l'entreprise albertaine de transport d'électricité AltaLink.