Les premières tendances de la consommation aux États-Unis au printemps publiées mercredi ont suscité l'inquiétude pour la croissance de la première économie mondiale, qui risque de rester peu vigoureuse.

Hugues Honoré AGENCE FRANCE-PRESSE

Selon le département du Commerce, les ventes des détaillants du pays ont reculé en avril et en mai, de 0,2% à chaque fois.

Ces chiffres ne sont pas ajustés de l'inflation, et ont donc été touchés par le recul des prix des carburants, qui est plutôt une bonne nouvelle. Le chiffre d'affaires des stations-essence a ainsi chuté de 2,2% en mai, après avoir déjà baissé de 1,4% en avril.

Il n'en reste pas moins que la tendance est mauvaise.

Pour des concessionnaires automobiles satisfaits de leur mois de mai (avec des ventes en hausse de 0,8%), de même que les magasins textiles (+0,9%), on relève une baisse du chiffre d'affaires dans le bricolage et jardin (-1,7%), l'alimentaire (-0,2%) et la restauration (-0,2%), ou encore les articles sportifs et culturels (-0,1%).

«La croissance modérée des États-Unis pourrait se modérer encore plus au deuxième trimestre puisqu'elle ne reçoit pas beaucoup de soutien du consommateur, si important», a déploré Jennifer Lee, économiste de BMO Capital Markets.

Trompant les espoirs de reprise après une année 2011 de turbulences, cette croissance avait été de 1,9% en rythme annuel au premier trimestre.

Peter Newland, de la banque Barclays, estimait qu'elle restait sur la même trajectoire: «les dépenses de consommation sont parties sur une base plus faible au début du deuxième trimestre qu'on ne le pensait auparavant», a-t-il constaté.

Or, «une croissance réelle de 2% n'est pas assez rapide pour faire baisser le taux de chômage», ont rappelé les analystes de RDQ Economics.

D'après Inna Mufteeva, de la banque Barclays, cela confirmait la douche froide de la hausse du chômage en mai à 8,2%, point culminant de «la détérioration récente de la teneur des nouvelles» économiques.

Il y avait cependant un espoir pour le pouvoir d'achat, entamé en début d'année par la flambée des prix des carburants. Ceux-ci sont repartis à la baisse en raison, principalement, de regains de tension dans la crise de la dette en zone euro.

Inna Mufteeva tablait sur une consommation «plutôt dynamique» à partir de l'été, «soutenue par l'affaiblissement de l'inflation».

Une preuve de plus de cet affaiblissement a été fournie mercredi par les prix à la production, qui ont diminué de 1,0% en mai, avec la chute des coûts de l'énergie.

«La baisse des prix des carburants signifie que les dépenses de l'été s'accéléreront», assurait également Ian Shepherdson, du cabinet de conseil économique HFE.

Les analystes avaient aussi les yeux tournés vers la banque centrale (Fed), dont les dirigeants sont très divisés sur l'opportunité de nouvelles mesures de relance à l'économie.

«L'affaiblissement des chiffres de dépenses va mettre la pression sur les autorités monétaires», soulignait Joel Naroff, de Naroff Economic Advisors.

La Fed réunit son comité de politique monétaire les 19 et 20 juin, avec en perspective des débats sur le caractère passager ou durable du ralentissement de l'inflation et du marché du travail.