Les annonces liées au financement des entreprises technologiques se multiplient à Montréal. Après avoir accordé 25 millions de dollars au gestionnaire ontarien Celtic House, Teralys a annoncé hier un nouvel investissement de 50 millions dans Rho Canada.

Philippe Mercure LA PRESSE

Dévoilés au moment où un nombre record d'entrepreneurs technos et de financiers se trouvent à Montréal, ces deux investissements en rafale ont été vus comme un signe du dynamisme qui souffle sur la scène montréalaise des entreprises en démarrage.

«Le rêve qu'on avait en arrivant à Montréal il y a cinq ans est en train de se concrétiser. Voir ce qui se passe ici aujourd'hui est incroyable», a lancé Habib Kairouz, associé principal de Rho Ventures, venu de la société mère de New York pour l'occasion.

Installée à Montréal, Rho Canada est la filiale canadienne du gestionnaire de capital de risque américain Rho Ventures. Cette firme compte plus de 30 ans de métier dans l'art de sélectionner, financer et encadrer les meilleures entreprises technologiques dans l'espoir de les voir exploser.

Un deuxième fonds

L'investissement de 50 millions de Teralys permet à Rho Canada de lancer un deuxième fonds à Montréal d'une taille totale de 100 millions. Outre Teralys, le fonds ontarien Northleaf, la Banque de développement du Canada, le Fondaction CSN et la société mère de Rho y mettent aussi des billes.

Ses cibles d'investissements: les jeunes entreprises des secteurs des nouveaux médias, des logiciels, du sans-fil et des semi-conducteurs.

Le premier fonds de Rho Canada a frappé le gros lot plus souvent qu'à son tour. La firme a notamment misé sur Accedian Networks, de l'arrondissement de Saint-Laurent, qui trône au deuxième rang nord-américain des entreprises technos à la plus forte croissance. Rho a aussi investi ainsi dans Beyond the Rack, la star montréalaise des entreprises web, et dans Enerkem, une québécoise qui veut transformer les déchets en carburant et collectionne les records d'investissements au pays.

«Rho fait profiter nos entreprises québécoises de son réseau international de partenaires et de clients potentiels qui est extrêmement précieux», a souligné Jacques Bernier, associé principal de Teralys, qui souligne que l'investissement de 50 millions dans Rho sera entièrement réinvesti dans des entreprises québécoises.

Une ambiance électrique

La journée d'hier a été haute en couleur pour la scène technologique montréalaise. En matinée, les 11 poulains de l'accélérateur d'entreprises Founder Fuel ont présenté les fruits de leur travail à une assemblée d'investisseurs venus de partout en Amérique du Nord. Les présentations, qui rappelaient l'émission de télé Dans l'oeil du dragon, visaient à décrocher du financement et ont fait salle comble. Déjà quatre équipes ont récolté de l'argent et d'autres chèques pourraient se signer bientôt.

La journée s'est poursuivie avec la conférence Accelerate Montreal, où des entrepreneurs à succès ont partagé leurs trucs.

«J'ai commencé dans mon salon parce que je n'étais pas assez riche pour avoir un garage, et j'ai financé l'entreprise avec des impôts non payés», a notamment raconté Martin Ouellet, fondateur de Taleo et aujourd'hui millionnaire après avoir vendu son bébé à Oracle pour 1,9 milliard en février.

Mark McDowell, un financier américain venu flairer les occasions d'affaires, a confié avoir été impressionné.

«Le dynamisme de Montréal actuellement est exceptionnel, a-t-il dit à La Presse Affaires. J'aimerais voir la même chose à Washington. Les gens collaborent d'une façon qu'on ne voit pas ailleurs.»

La semaine se poursuit aujourd'hui avec la conférence annuelle de l'Association canadienne du capital de risque et d'investissement.