Bien que ses dizaines de millions de dollars en capital d'amorçage et en fonds gouvernementaux font des jaloux ailleurs sur le continent, force est d'admettre qu'en matière de nouvelles technologies, Montréal n'est tout simplement pas de taille lorsque vient le temps de se comparer à la Silicon Valley.

Mis à jour le 25 juill. 2011
Alain McKenna, collaboration spéciale LA PRESSE

Le plus récent exemple est la jeune entreprise Localmind, qui a créé un outil de communication mobile permettant de poser des questions à d'autres utilisateurs situés dans un commerce ou à un endroit qu'on désire soi-même visiter ultérieurement.

Après sept mois passés dans l'incubateur montréalais Year One Labs, et après avoir empoché une autre ronde de financement d'une valeur de 600 000$, Localmind lève les feutres et s'installera à San Francisco d'ici à la fin du mois.

«Pour une entreprise ayant créé un outil mobile reposant sur les médias sociaux et la géolocalisation, il y a plusieurs avantages à déménager à San Francisco, explique Lenny Rachitsky, qui a créé Localmind. Tout l'écosystème englobant cette industrie s'y trouve déjà, c'est le centre de gravité de notre univers. Montréal nous a permis de démarrer, mais maintenant que c'est fait, nous passons à l'étape suivante.»

On peut soupçonner M. Rachitsky, jeune Américain natif de la côte Ouest, de s'ennuyer de la maison. En revanche, on ne peut pas accuser plusieurs autres entrepreneurs montréalais de la même nostalgie lorsqu'ils déplacent eux aussi leur entreprise en Californie.

Pour ceux-là, les raisons tournent généralement autour du même thème: si on veut jouer dans les ligues majeures, les ressources sont plus abondantes là-bas qu'ici. Pas nécessairement les ressources financières. Les investisseurs, c'est bien, mais les conseillers, les fournisseurs, les clients et même les éventuels employés sont un facteur tout aussi important.

C'est du moins ce qu'expliquait récemment Jean-René Bédard, un Montréalais qui a récemment fondé l'entreprise Gamify à San Francisco, à La Presse Affaires: même si l'internet est un réseau mondial, le petit monde des entrepreneurs web, lui, est particulièrement concentré dans la fameuse banlieue de cette ancienne capitale de la beat generation.

Attirer les entrepreneurs

San Francisco a un autre as dans sa manche lorsque vient le temps d'attirer la fine fleur des entrepreneurs technos: des programmes promettant un bureau et un accès aux gens d'affaires du secteur aux entrepreneurs étrangers désireux de s'installer sur son territoire.

L'accélérateur technologique 500 Startups est du lot. Jean-Sébastien Boulanger, cofondateur du site d'achat groupé Rewardli, passe l'été sur place à San Francisco afin de rencontrer les gens qui l'aideront à déployer son nouveau service plus rapidement, et à mieux l'intégrer aux technologies de l'heure, de Facebook à Google.

«Ça nous permet aussi de mieux comprendre le marché américain, plus important que le marché canadien», explique M. Boulanger. Ce n'est pas une mince affaire: après tout, pour un service qui joue en périphérie de l'immense marché créé par Groupon, en deux ans et demi à peine, pouvoir côtoyer les early adopters américains, ça n'a pas de prix.