Ubisoft a étudié la possibilité de déménager ses studios en bordure de l'autoroute Décarie, dans le secteur Chabanel et même à Laval, mais le concepteur de jeux vidéo vient plutôt de renouveler pour 10 ans son bail dans le Mile End, au coeur de Montréal.

Maxime Bergeron LA PRESSE

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Après une longue réflexion, le groupe a prolongé jusqu'en 2023 son bail qui arrivait à échéance en 2013, a appris La Presse Affaires. Ubisoft et le propriétaire des lieux investiront par ailleurs «des millions» pour transformer l'immeuble de briques rouges du boulevard Saint-Laurent.

«Ça fait presque 24 mois qu'on est sur ce dossier-là, a indiqué Yannis Mallat, président-directeur général d'Ubisoft Montréal et Toronto. Ce n'est pas une décision qu'on prend à la légère. Quand on a 2100 employés, on ne peut pas se permettre de s'y prendre à la dernière minute, donc tout a été étudié, incluant (des bureaux) ailleurs que dans le quartier.»

Ubisoft a retenu les services de la firme immobilière Devencore NFK pour examiner tous les scénarios de déménagement possibles. Les premières recherches ont permis d'identifier des immeubles potentiels jusqu'en périphérie de Montréal.

«On a regardé des édifices dans le secteur Chabanel, des immeubles à Laval, aussi dans l'Est, au centre-ville, dans le Vieux-Montréal, sur Décarie, donc on a fait un bon survol de toutes sortes d'alternatives qui pouvaient être considérées», a expliqué en entrevue Jean Laurin, président de Devencore.

Au bout du compte, «une combinaison de facteurs» a incité Ubisoft à renouveler son bail dans l'édifice PECK, à l'angle du boulevard Saint-Laurent et de la rue Saint-Viateur, a souligné M. Laurin.

Parmi les raisons qui ont pesé dans la balance, Yannis Mallat mentionne la qualité de vie du Mile End, inestimable pour les employés montréalais du géant français. Dans bien des cas, il s'agit de jeunes créatifs qui habitent les quartiers centraux de la métropole et n'auraient pas nécessairement souhaité parcourir des dizaines de kilomètres pour aller travailler.

«Il y a réellement un attachement émotif au building lui-même et au quartier, a dit M. Mallat. Il y a vraiment là un écosystème créatif, un écosystème de vie, et un équilibre parfait qui fait que le tissu créatif qu'on trouve à l'intérieur des murs trouve son écho à l'extérieur.»

Rénovations majeures

Les mesures d'incitation offertes par le propriétaire du bâtiment - le fonds de placement immobilier Allied Properties - ont aussi amené Ubisoft à renouveler son bail. Le propriétaire s'est engagé à investir des millions de dollars, conjointement avec Ubisoft, pour remettre à niveau l'ancienne usine textile construite en 1903 et agrandie au milieu du siècle.

Dans un premier temps, les composantes mécaniques comme la plomberie et la climatisation seront modernisées. La deuxième phase visera à améliorer le design intérieur des bureaux qui totalisent 251 000 pieds carrés. «On va créer un environnement de travail qui inspire nos créateurs», a affirmé Yannis Mallat.

Lers travaux devraient commencer très bientôt et s'étaler sur plusieurs mois, selon le dirigeant.

La filiale montréalaise d'Ubisoft a produit quelque 70 jeux vidéo depuis l'ouverture de ses studios dans le Mile End il y a 14 ans. Plusieurs franchises ont connu un vaste succès international, dont Assassin's Creed, Just Dance, et Tom Clancy's Rainbow Six.