Montréal se dote d'un centre de données informatiques de nouvelle génération qui lui ouvre une porte sur un secteur d'avenir, l'informatique en nuage et le développement d'applications.

Hélène Baril LA PRESSE

«On a ce qu'il faut pour devenir la capitale canadienne du développement des applications informatiques», estime Mario Monette, le président et chef de la direction de Technoparc Montréal.

Ce n'est pas d'hier que Montréal essaie d'attirer les gros joueurs de l'industrie de l'informatique. Avec son électricité renouvelable à bas prix et son climat froid, qui facilite la climatisation de ces immenses entrepôts de données, le Québec a des atouts pour intéresser ce type d'entreprises.

Mais même Google n'a pas réussi à convaincre le gouvernement du Québec d'accorder les mégawatts nécessaires au fonctionnement des centres de données informatiques.

«On a jugé à l'époque qu'il n'y avait pas suffisamment de retombées en termes d'emplois», explique Mario Monette.

Le contexte n'est plus le même aujourd'hui. D'abord, la crainte d'une pénurie d'électricité est disparue et Hydro-Québec dispose de surplus importants. Ensuite, Technoparc Montréal ne veut pas seulement attirer des centres de données.

Il vise aussi le développement d'applications informatiques, beaucoup plus prolifique en termes de retombées économiques.

L'organisme financé par la ville de Montréal a décidé d'avancer prudemment. Son premier centre de données, situé dans le quartier St-Laurent, pourra accueillir trois clients aux besoins relativement modestes, soit entre 3000 et 15 000 pieds carrés.

C'est dix fois moins que ce que Google vise pour ses centres de données.

Le premier centre montréalais a une capacité de 5 mégawatts. Hydro-Québec a l'obligation de desservir les projets industriels de 50 mégawatts et moins. Au-delà de 50 mégawatts, c'est le gouvernement du Québec qui décide d'accorder ou non l'énergie nécessaire à sa réalisation. Les premiers clients du centre sont donc assurés d'avoir l'énergie dont ils ont besoin.

Des négociations sont encore en cours avec les clients qui occuperont ce premier centre de données. Leur identité sera connue avant la fin de l'année, a indiqué Mario Monette.

L'investissement pour la construction du centre est estimé à 30 millions. Les travaux devraient commencer dès que les ententes auront été signées.

Pour ce premier centre de données, Technoparc Montréal s'est associé à Canix Colo, une entreprise spécialisée dans le développement et la gestion de centre de données.

Technoparc Montréal est propriétaire des terrains du Campus Saint-Laurent, qui abritait autrefois les activités de recherche de Nortel. Au total, l'organisme a accès à tous les terrains développables sur l'île de Montréal, soit environ 15 million de pieds carrés.