Pendant que les multinationales multipliaient les licenciements cette année, les petites entreprises de biotechnologies, elles, reprenaient espoir.

Philippe Mercure LA PRESSE

Ces entreprises, qui n'ont souvent aucun revenu, dépensent en recherche et développement dans l'espoir de découvrir de nouveaux médicaments. Leur situation est loin d'être idyllique: selon les derniers chiffres du gouvernement du Québec, leur nombre est passé de 75 en 2005 à 53 cette année. Le nombre d'employés a pratiquement chuté de moitié pendant la même période, passant de 2100 à 1200.

«Je choisis de dire que le verre est à moitié plein et non à moitié vide», dit toutefois Mario Lebrun, directeur général de BioQuébec.

Pour ces entreprises, dont le nerf de la guerre est de trouver du financement, le «coup de deux par quatre» est survenu en 2008 lors de la crise financière, dit M. Lebrun.

«En 2010, on a senti un tournant. L'hémorragie a cessé», dit-il.

L'année a accouché d'un grand et rare succès, celui de Theratechnologies, qui a réussi à faire approuver un médicament aux États-Unis - un exploit que seulement trois biotechs canadiennes peuvent revendiquer au cours des 10 dernières années.

Endoceutics, Thallion Pharma, Alethia, Angiochem, Tranzyme et Medicago font partie des entreprises qui ont aussi obtenu d'importants financements ou signé des ententes avec des grandes pharmaceutiques cette année.

«On a quand même nos histoires de champions», dit M. Lebrun.

Plusieurs signes encourageants se dessinent pour 2011. Le fonds d'amorçage Amorchem, financé par le gouvernement et des partenaires privés, devrait commencer à soutenir les sociétés en démarrage. M. Lebrun espère aussi voir les répercussions de Teralys, ce «fonds de fonds» de 700 millions mis sur pied pour renflouer les fonds de capital-risque qui misent leur argent sur les entreprises les plus prometteuses.

«Nous avons beaucoup décrié Teralys depuis sa création. À ce jour, il ne s'est rien passé. Mais on est assez optimistes qu'il va y avoir un dénouement», dit M. Lebrun.

Le directeur général de BioQuébec estime aussi que la réorganisation des multinationales finira par déboucher sur davantage de partenariats entre les grandes pharmas et les petites biotechs.

«Disons que j'affiche malgré tout un bel optimisme», résume-t-il.