Faire rouler des camions qui collectent les ordures... avec des ordures. C'est l'idée d'EBI-Environnement, qui utilisera les gaz s'échappant des sites d'enfouissement pour propulser sa flotte de camions de déchets.

Publié le 22 déc. 2010
Philippe Mercure LA PRESSE

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L'entreprise de Berthier remplacera graduellement ses 189 camions de collecte résiduelle par des véhicules capables de fonctionner au gaz naturel - un gaz naturel qu'elle produit elle-même depuis 2004 en récoltant les biogaz s'échappant d'un site d'enfouissement.

«On vient boucler la boucle», rigole Denis Boivin, responsable des communications chez EBI-Environnement.

Une bonne partie du parc de camions d'EBI arrivait à la fin de sa vie utile. Plutôt que de les remplacer par des véhicules équivalents, l'entreprise a décidé d'en commander de nouveaux à Labrie Groupe Environnemental, un fabricant québécois de camions de déchets et de recyclage.

Ces nouveaux modèles fonctionnant au gaz naturel coûteront 20 000$ de plus chacun qu'un camion conventionnel. Considérant que certains camions seront remplacés plus rapidement que prévu, EBI évalue que sa conversion devrait coûter entre 3 et 5 millions par année pendant trois ans.

Mais l'entreprise épargnera ensuite sur le coût du carburant. Le diesel lui coûte actuellement environ un dollar le litre, alors qu'elle produit son gaz naturel pour 47 cents.

Gaz Métro Solutions Transport, filiale de Gaz Métro, installera des installations de ravitaillement en gaz naturel dans les municipalités desservies par EBI.

EBI a aussi confié à une firme spécialisée le soin de voir s'il pourrait être rentable d'enregistrer les crédits de carbone générés par le changement de combustible.

L'entreprise affirme que son projet lui donnera le titre de première entreprise carboneutre de son secteur au Canada. EBI voit aussi son projet comme une vitrine lui permettant de montrer les débouchés de son gaz naturel propre.

«On a déjà des clients importants, mais on veut commencer à en vendre davantage, que ce soit aux consommateurs, aux édifices LEED (une certification environnementale) ou aux autres projets environnementaux», dit M. Boivin.