Le secrétaire au Trésor américain Timothy Geithner a conseillé mardi aux gouvernements de la zone euro d'agir «très, très vite» contre la crise des finances publiques qui menace la stabilité économique de la région.

Mis à jour le 16 nov. 2010
AGENCE FRANCE-PRESSE

«Je pense que c'est tout à fait dans les possibilités de l'Europe de gérer» cette crise, a estimé le ministre lors d'une conférence à Washington.

«Cela a pris du temps pour le faire, mais ils ont mis en place cet été un ensemble très solide d'instruments financiers pour aider ces pays à se sortir des difficultés importantes qu'ils connaissent», a poursuivi le ministre, en référence au Fonds européen de stabilité financière.

M. Geithner a incité les pays de la zone euro à se servir de ce mécanisme.

Ce Fonds, a-t-il expliqué, donne la possibilité de faire «ce que l'on veut faire en temps de crise, d'agir très, très rapidement».

«On a une combinaison de réformes politiques qui contribuent à résoudre le problème sous-jacent avec un soutien temporaire pour aider les pays à se sortir de ces problèmes», a affirmé M. Geithner.

«La leçon générale est qu'il faut agir rapidement dans ce domaine, à la fois avec des réformes politiques et si nécessaire avec une sorte d'assistance financière en soutien», a-t-il ajouté.

Les ministres des Finances de la zone euro discutaient mardi à Bruxelles de cette crise des finances publiques, alors que s'accroissait la probabilité d'une aide à l'Irlande, éventuellement par le biais de son secteur bancaire, et la crainte d'une contagion à d'autres pays, dont le Portugal au premier chef.

Le ministre américain a par ailleurs mis en garde mardi la Chine contre l'inflation que pourrait provoquer selon lui une appréciation trop lente de sa monnaie.

«La Chine laisse le taux de change de sa monnaie monter, et elle le fait très progressivement. Ils sont clairement opposés à une évolution vaste et précipitée, et je comprends cela», a affirmé M. Geithner lors d'une conférence à Washington.

«Mais s'ils ne la laissent pas monter, toute cette pression, ces forces économiques fondamentales, qui reflètent le fait que la Chine connaît une croissance très, très rapide (...) cela va se terminer en inflation ou aboutir à des bulles sur les prix des actifs», a-t-il ajouté.

Le taux de change du yuan s'est lentement apprécié par rapport à celui du dollar depuis la décision en juin de Pékin de laisser sa monnaie flotter plus librement.

Les États-Unis, qui encouragent la Chine à poursuivre ce mouvement et à être moins dépendante de ses exportations, tentent de convaincre Pékin d'accélérer cette appréciation du yuan.

La Bourse de Shanghai a baissé mardi de 3,98% après l'évocation par le gouverneur de la banque centrale des préoccupations du gouvernement concernant les pressions inflationnistes dans le pays. Elle avait déjà chuté de 5,16% vendredi.