Ubisoft met la main sur Quazal Technologies, une PME québécoise spécialisée dans les jeux vidéo en ligne.

Mis à jour le 5 nov. 2010
Vincent Brousseau-Pouliot LA PRESSE

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«C'est une acquisition comme on sait les faire: ciblée, stratégique et importante, dit Yannis Mallat, PDG du studio d'Ubisoft à Montréal et à Toronto. Ça fait longtemps qu'on travaille sur le dossier. C'est une belle entreprise qui se joint à Ubisoft. Le jeu en ligne est une compétence que tous les acteurs de l'industrie doivent maîtriser.»

Quazal fournissait déjà les outils technologiques pour plusieurs dizaines de jeux en ligne d'Ubisoft, dont le très attendu Assassin's Creed Brotherhood qui sortira le 16 novembre.

Quazal compte une vingtaine d'employés, qui resteront tous au sein de l'entreprise. Le montant de la transaction n'a pas été dévoilé.

Pas d'exclusivité

La technologie développée chez Quazal ne sera pas exclusive à son nouveau propriétaire. Ubisoft permettra à Quazal de continuer à fournir des solutions de jeux en ligne à ses concurrents. Au fil des ans, Quazal avait notamment effectué des mandats pour THQ, Disney et Eidos. «Nous aurions pu garder la technologie pour nous, mais nous avons fait un choix stratégique de faire croître ce segment des affaires», dit Quentin Gallet, directeur général du groupe technologique chez Ubisoft.

Cela signifie-t-il que Quazal pourrait grossir ses effectifs pour répondre à la demande? «Les embauches vont suivre les commandes des clients», dit M. Gallet.

Fondée en 1998, Quazal a été financée par plusieurs investisseurs institutionnels, dont la Caisse de dépôt et placement du Québec. Les dirigeants de Quazal ont racheté l'ensemble de l'entreprise en 2008. Après la conclusion de la transaction avec Ubisoft, deux des quatre fondateurs resteront à la barre de l'entreprise, qui continuera de faire affaire dans ses locaux de la rue René-Lévesque, au centre-ville de Montréal. «Nous voulions aller plus loin et Ubisoft nous permettra d'atteindre cet objectif», dit Martin Lavoie, cofondateur et chef de la technologie de Quazal.

Ubisoft a annoncé la transaction hier midi après la fermeture de la Bourse de Paris, où ses actions sont inscrites.

Hier, le titre d'Ubisoft s'est apprécié de 0,45% afin de clôturer la séance à 9,33 euros. Il a perdu 5,9% depuis le début de l'année.

En juillet dernier, la Société générale de financement a acquis 4,5% des actions de l'éditeur de jeux vidéo pour 40 millions de dollars.

Ubisoft produit des jeux vidéo dans 28 pays, mais son studio le plus important, qui compte 2100 employés, est situé à Montréal.