Avis aux téléspectateurs qui font encore appel aux « oreilles de lapin » : mettez quelques dizaines de dollars de côté pour un décodeur en prévision du passage à la technologie numérique en août 2011.

Vincent Brousseau-Pouliot

« C'est clair que le consommateur devra payer le décodeur lui-même », dit Konrad von Finckenstein, président du CRTC, en entrevue à La Presse Affaires.

Aux États-Unis, le gouvernement fédéral a subventionné l'achat de décodeurs lors du passage à la technologie numérique. Au Canada, le gouvernement Harper ne veut pas subventionner les décodeurs. Le CRTC, qui a recommandé en mars dernier au gouvernement d'étudier un programme de subventions, chiffre le coût total de la conversion au numérique à 64 millions de dollars au pays.

« Le décodeur le plus cher se vend à 75$, mais j'ai vérifié et on en vend à 29$ sur eBay. Je ne crois pas que le gouvernement va subventionner l'achat de décodeurs. C'est quelque chose que le consommateur devra acheter », dit Konrad von Finckenstein, président du CRTC.

Le 31 août 2011, le petit écran canadien passera à la technologie numérique, incompatible avec les « oreilles de lapin ». Dans un rapport publié hier, le CRTC estime qu'entre 826 000 et 857 500 foyers en milieu urbain - environ 7,3% des foyers au pays - regardent encore la télé avec des « oreilles de lapin » et devront se procurer un décodeur d'ici un an.

La conversion au numérique ne sera pas obligatoire dans certaines régions éloignées, où le signal des chaînes disponibles gratuitement (ex : TVA, Radio-Canada, CBC) sera dorénavant relayé par les câblos et les distributeurs par satellite. Le CRTC modifiera sa réglementation afin que les distributeurs puissent offrir ces chaînes gratuitement dans un forfait aux 31 500 foyers en régions éloignées qui ne sont pas abonnés au câble ou au satellite.

Le CRTC ne pourra pas forcer les distributeurs à offrir ces chaînes gratuitement, mais son président a bon espoir de les convaincre d'obtempérer. « Les distributeurs pourraient même offrir toute leur programmation gratuitement durant six mois et espérer se faire de nouveaux clients, dit Konrad von Finckinstein. Mais à la fin, ce sera aux distributeurs de décider. »

Au printemps prochain, le CRTC veut lancer une campagne de sensibilisation sur le passage à la technologie numérique et faire des tests à Québec et Winnipeg.