Pour la huitième fois en neuf mois, les fabricants canadiens sont parvenus à augmenter leurs ventes en mai.

Rudy Le Cours LA PRESSE





Leur valeur était en hausse de 0,4% par rapport à celles d'avril qui avaient à leur tour dépassé d'autant celles de mars, a indiqué hier Statistique Canada.



Exprimées en volumes pour effacer l'effet des prix, les ventes ont aussi progressé de 0,4%, ce qui constitue la neuvième augmentation consécutive.

L'avancée de mai, prévisible à la lumière de la vive augmentation des exportations, était grandement attribuable à la production de l'industrie automobile. Sans elle, les ventes combinées des autres fabricants auraient enregistré un léger recul, bien que 8 des 20 autres segments du secteur manufacturier aient aussi progressé. Les gains sont concentrés dans les biens durables, mais des segments comme l'alimentation, les textiles ou les vêtements ont aussi progressé.

Le segment automobile a encore des munitions, du moins de ce côté-ci de la frontière. Les ventes de véhicules neufs ont légèrement progressé, de 0,2% en mai, grâce à la popularité des camions légers et autres VUS dont les ventes supplantent celles des voitures pour le sixième mois d'affilée, indiquait aussi l'agence fédérale. Les données préliminaires de juin font état d'une augmentation de 2% du nombre de véhicules vendus.

À l'échelle provinciale, les fabricants de l'Ontario et de la Colombie-Britannique ont connu les meilleurs résultats. Le Québec enregistre un repli de 0,8%, en raison d'une baisse de la production de produits pétroliers. Ce segment va sans doute reculer encore avec la fermeture de la raffinerie Shell dans l'est de Montréal.

Depuis un an, les ventes des fabricants québécois sont néanmoins en hausse de 12,2%, ce qui reste inférieur à la progression canadienne moyenne de 16,5%. À ce niveau, le secteur manufacturier a récupéré environ la moitié du terrain perdu avec la récession.

«Depuis le début de 2010, quelques secteurs dominent nettement par leur avancée, note Joëlle Noreau, économiste principale chez Desjardins. C'est le cas notamment du matériel de transport, des métaux de première transformation, des produits chimiques, des produits du bois et des minéraux non métalliques.»

Le Québec produit un peu de tout cela, mais il souffre de la reprise tardive de l'industrie aéronautique.

Fait encourageant, les nouvelles commandes ont progressé de 2,5% en mai, propulsées par celles du secteur aéronautique.

Les manufacturiers ont aussi profité du mois pour réduire considérablement leurs stocks, surtout dans la pétrochimie.

Le ratio des stocks sur les ventes est passé de 1,37 à 1,30, le plus faible niveau depuis juillet 2008. «Il reste encore plus élevé que sa moyenne historique de 1,25, mais il s'éloigne beaucoup de son sommet de 1,64 de janvier 2009», quand la récession faisait rage, note Grant Bishop, économiste chez Banque TD Groupe financier.

Reste qu'au-delà du déstockage, les usines se sont remises à produire depuis le début de l'année et devraient continuer leurs activités, surtout celles qui fournissent des biens industriels. «Même si les ventes de juin avaient stagné, leurs volumes auraient progressé de 1,4% au deuxième trimestre par rapport à celles du premier trimestre», estiment Derek Holt et Gorica Djeric, économistes chez Scotia Capitaux.