Mine de rien, les manufacturiers canadiens remontent la côte qui les a précipités en récession dès 2007 au moment où les États-Unis amorçaient la leur.

Mis à jour le 17 févr. 2010
Rudy Le Cours LA PRESSE

Pour la sixième fois en sept mois, la valeur de leurs ventes avait augmenté en décembre. À 43,02 milliards de dollars, elles étaient à 55 millions seulement du niveau atteint un an auparavant, selon les données de Statistique Canada publiées hier.

Exprimées en volume, elles ont progressé de 2,1%, de novembre à décembre. Elles restent à 1,6% en deçà du niveau de décembre 2008 et de 21% de celui de décembre 2007.

Mesurée autrement, la somme des ventes des manufacturiers en 2009 reste inférieure de 17,5% à celle de 2008. On constate toutefois une remontée constante en seconde moitié d'année, gage d'une belle lancée pour 2010.

Produits aérospatiaux et le matériel ferroviaire

La performance des segments de la production en usines était cependant fragmentée en décembre, 11 des 21 industries s'étant approprié les gains. Ils étaient en particulier concentrés dans les produits aérospatiaux et le matériel ferroviaire roulant, deux composantes très volatiles. L'industrie automobile a aussi bien fait, tout comme la production de machines. En revanche, les déboires du bois, du papier et des textiles se sont poursuivis.

Neuf provinces sur dix ont vu leurs livraisons s'améliorer, l'exception étant la Colombie-Britannique. Les progrès québécois étaient modestes, à hauteur de 0,2% seulement. Par rapport à décembre 2008, les ventes de nos fabricants accusaient un léger repli de 1,0%.

Pour l'ensemble du quatrième trimestre, les volumes de ventes ont augmenté de 1,1%, à l'échelle canadienne.

«Non seulement l'amélioration de la demande intérieure stimule les ventes des manufacturiers, mais le relèvement des exportations vers les États-Unis porte de plus en plus ses fruits», note Benoit P. Durocher, économiste principal chez Desjardins.

Notes encourageantes

Le bulletin de décembre comportait plusieurs autres notes encourageantes.

Le niveau des stocks avait encore diminué pour un 10e mois en 2009. Ils sont désormais inférieurs de 11,3% de leur niveau de décembre 2008. Le ratio des stocks sur les ventes se situe à 1,37 mois. Il se rapproche de son niveau normal d'environ 1,25 à 1,3 mois.

Cela pose un problème aux prévisionnistes. L'augmentation des ventes est généralement synonyme de croissance, mais ce n'est pas le cas lorsqu'elles résultent surtout du déstockage plutôt que d'une production accrue.

«Peut-être dès le premier trimestre de 2010, les usines pourraient contribuer à la croissance économique, non seulement par des volumes de ventes accrus, mais aussi du fait qu'elles devront reconstituer leurs stocks à un rythme répondant à la progression poursuivie des volumes de ventes», résume prudemment Marc Pinsonneault, économiste principal à la Financière Banque Nationale.

Les commandes en carnet ont augmenté pour la première fois après cinq replis consécutifs.

Enfin, les nouvelles commandes, concentrées dans le matériel de transport, progressaient pour une quatrième fois en six mois.

«Le secteur manufacturier commence enfin à profiter de la relance de l'activité économique mondiale», note Milan Mulraine, économiste chez TD Valeurs mobilières.