L'avenir des journaux est à chercher dans le numérique, a estimé jeudi le magnat de la presse Rupert Murdoch, estimant cependant qu'il faudrait 10 à 15 ans pour que les lecteurs abandonnent complètement le papier.

AGENCE FRANCE-PRESSE

Dans une entrevue à la chaîne Fox Business Network, qui appartient à son groupe News Corp., M. Murdoch estime également que les journaux, en crise en raison de l'érosion de leur diffusion papier et de la baisse des recettes publicitaires, vont devoir faire payer l'accès à leurs sites Internet.

À l'avenir, «au lieu d'un journal imprimé sur papier, on pourra l'avoir sur des supports mobiles qui capteront l'intégralité du contenu du journal par les airs et seront mis à jour toutes les heures ou toutes les deux heures»..

«On pourra avoir le contenu ou les principaux titres et des alertes sur son Blackberry ou son Palm Pilot tout au long de la journée», a ajouté M. Murdoch.

«Je pense que cela mettra deux ou trois ans à se généraliser et que le public mettra probablement 10 ou 15 ans à basculer complètement», a-t-il dit.

M. Murdoch, qui a annoncé son intention de faire payer l'accès aux sites internet des journaux de son groupe, estime que de manière générale, il faudra à l'avenir «payer pour avoir son journal préféré sur le web».

L'époque des versions gratuites des journaux sur internet «va prendre fin», a-t-il dit, car «les journaux qui se sont précipités sur le web pour tenter de gagner un plus large public et d'attirer l'attention se sont nui à eux-mêmes» et «ils vont désormais devoir faire marche arrière».

Interrogé sur la possibilité d'un plan de relance gouvernemental pour le secteur de la presse, il a répondu qu'il n'accepterait jamais d'argent public. «Nous abandonnerions notre liberté de critiquer et de jouer pleinement notre rôle», a-t-il souligné.

Le groupe de Rupert Murdoch possède entre autres le Wall Street Journal, le New York Post et les quotidiens britanniques Times et Sun