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L'inflation reste à demeure au Canada

Portée disparue aux États-Unis, l'inflation reste bien présente au Canada, sans... (Photo: Martin Chamberland, Archives La Presse)

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Photo: Martin Chamberland, Archives La Presse

Rudy Le Cours
La Presse

Portée disparue aux États-Unis, l'inflation reste bien présente au Canada, sans être menaçante pour autant.

En fait, le rythme annuel de 1,2% de croissance de l'indice des prix à la consommation (IPC) en mars est plutôt réconfortant, même si les experts misaient sur sa stabilité à 1,4%.

D'autant plus que, sans ses huit composantes les plus volatiles, comme l'indiquait Statistique Canada hier, l'IPC de référence trottinait à 2,0%, en plein au rythme souhaité par la Banque du Canada.

 

Au Québec, le taux annuel d'inflation est demeuré inchangé en mars à 0,8%.

De février à mars, les prix ont progressé de 0,2%, soit un peu moins que prévu. Le prix des aliments, des vêtements, des primes d'assurances, de l'essence et des voyages organisés ont tous enregistré des hausses mensuelles. Le coût des logements et des véhicules a contenu la progression de l'inflation.

Sur une base annuelle, l'essence reste toujours l'élément qui freine la poussée des prix. Ce phénomène se poursuivra jusqu'en juillet, alors que disparaîtront de son calcul les prix vertigineux de l'été dernier, qui faisaient rager tous les automobilistes. Il pourrait même faire plonger l'IPC en territoire négatif. «Il s'agira d'un phénomène temporaire qui devrait se résorber de lui-même», rassure Benoit P. Durocher, économiste senior chez Desjardins.

L'essence ralentit cependant moins l'inflation de ce côté-ci de la frontière en raison de la dépréciation soudaine du huard, survenue en octobre. Aux États-Unis, où le taux d'inflation se situait en territoire négatif pour la première fois depuis 1955 (-0,4%) le mois dernier, le carburant automobile était en baisse de 39,3%. Au Canada, c'est plutôt -21,0%. Sans l'essence, précise d'ailleurs l'agence fédérale, l'IPC progresse de 2,4% depuis un an.

Les prix des aliments progressent de 4,4% aux États-Unis, mais de 7,9% au Canada, leur rythme le plus rapide depuis 1986. En mars, les fruits et légumes frais étaient beaucoup plus chers - il s'agit de deux ensembles de produits importés en grande partie des États-Unis.

Récession et hausse du huard

Cela dit, le ralentissement de l'économie mondiale diminue l'utilisation des capacités de production canadiennes et le pouvoir des manufacturiers de majorer leurs prix.

En période de récession comme maintenant, les prix ont tendance à ralentir leur progression aussi parce que l'aggravation du chômage freine la poussée des salaires. «L'inflation au Canada est passée d'un sommet de 3,4% au troisième trimestre de l'an dernier à 1,3% au premier trimestre de cette année», rappelle avec à-propos Sébastien Lavoie, économiste chez Valeurs mobilières Banque Laurentienne.

Si elle ne diminue pas davantage, c'est évidemment le huard qui est en cause. «La dépréciation du dollar canadien agit jusqu'à présent comme un bouclier contre la déflation», souligne Yanick Desnoyers, économiste en chef adjoint à la Financière Banque Nationale.

L'IPC devrait néanmoins rester sous la barre des 2,0% durant encore plusieurs mois, car tout semble indiquer que la reprise sera molle et lente, au sortir de la récession plus tard cette année. Les pressions sur les prix iront de pair.

Cette situation suscite un vif débat parmi les économistes quant à la démarche que la Banque du Canada devrait adopter pour ramener le taux d'inflation vers sa cible de 2,0%.

Vaut-il la peine d'abaisser encore son taux directeur, déjà bien faible à 0,5%?

Doit-elle activer la planche à billets comme les Banques d'Angleterre, du Japon et de Suisse qui, comme elle, ont une cible d'inflation, et qui achètent les titres de dettes de leur gouvernement respectif?

Doit-elle plutôt imiter la Réserve fédérale américaine, qui, avec un mandat ambigu de stabilité des prix et de stimulation de l'emploi, a épuisé les dernières munitions de sa politique monétaire et est acculée à acheter à la fois de la dette gouvernementale et des entreprises?

Doit-elle plutôt se montrer disposée à envisager toutes les options, quitte à attendre quelque peu avant de choisir celle(s) la plus susceptible de la rapprocher de son objectif d'une progression de 2,0% des prix à moyen terme?

La réponse mardi et jeudi.

 




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