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Faible amélioration des ventes des manufacturiers

Rudy Le Cours
La Presse

(Montréal) Après six mois de recul d'affilée, les ventes des manufacturiers ont légèrement augmenté de 2,2% en février, à hauteur de 42,9 milliards de dollars, grâce à la remise en production des usines d'automobiles.

Sans la poussée de 34,5% des livraisons de cette industrie, indique Statistique Canada, les ventes reculent depuis juillet, de 0,2% cette fois-ci.

 

«Même avec le rebond de février, les livraisons de véhicules et pièces automobiles étaient encore inférieures de 40% à leur niveau d'il y a un an», souligne Marc Pinsonneault, économiste principal à la Financière Banque Nationale.

On peut en dire presque autant de l'ensemble des manufacturiers, dont la valeur des expéditions accusait en février un recul de 14,5% par rapport à l'an dernier. En juillet, lors de leur sommet qui avait coïncidé avec celui du produit intérieur brut (PIB), la valeur des livraisons avait frôlé les 54 milliards.

Des 21 secteurs observés, 9 seulement étaient à la hausse, dont les métaux de transformation.

Sur une base régionale, l'Ontario tire son épingle du jeu avec un bond de 7,2%. Le Québec accuse un repli de 2,3%, attribuable à la chute de 17,6% des ventes de matériel de transport (camions, autocars, trains et pièces).

La baisse des expéditions de bois explique le gros du repli des ventes en Colombie-Britannique. La faiblesse des mises en chantier et des permis de bâtir aux États-Unis n'augure rien de bon pour cette province, jusqu'ici la plus touchée par la récession avec l'Ontario.

Le déstockage des usines a un peu commencé, ce qui a entraîné la réduction du rapport des stocks aux ventes à 1,56. Cela signifie qu'il faudrait plus d'un mois et demi pour les écouler, au niveau actuel des ventes. Le ratio reste le troisième plus élevé à ce jour. Il faut remonter à 1992, à la fin de la récession précédente, pour retrouver un niveau aussi préoccupant. Le ratio moyen des dernières années est plutôt de 1,33.

«Tôt ou tard, les manufacturiers devront s'ajuster et accélérer la diminution de leurs stocks, prévient Benoit P. Durocher, économiste principal chez Desjardins. Cela accentuera alors la baisse de leur production et, par ricochet, du PIB réel canadien.»

En attendant, comme les volumes des ventes sont en hausse de 2,6% en février par rapport à janvier et que les stocks n'ont pas diminué d'autant, alors la production en usines aura modestement contribué à la croissance durant le mois. Les ajustements inévitables hypothéqueront les prochains mois, à moins d'une improbable reprise convaincante de la demande.

Il est vrai que les nouvelles commandes ont augmenté de 8,6%, après trois mois de baisse d'affilée. Cela est dû exclusivement cependant au secteur aérospatial, sans qui elles auraient de nouveau retraité.

On imagine que ces commandes excluent le contrat de 1,5 milliard conclu entre Bombardier et Lufthansa pour l'achat de 30 appareils de la nouvelle CSeries, annoncé à la mi-mars. Si tel est le cas, la légère progression de février pourrait se maintenir, encore un mois du moins.

 




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