Le monde est en proie à une «hémorragie économique», subissant sa plus grave crise depuis un demi-siècle avec un recul global attendu de 2,7%, prédit l'OCDE dans un rapport rendu public mardi.

AGENCE FRANCE-PRESSE

Les premiers signes de reprise ne sont pas attendus avant 201.L'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), qui rassemble les pays riches, prévoit une contraction de 4,3% de l'économie dans sa zone en 2009 et une stabilisation à -0,1% l'an prochain.

«Aux États-Unis, au Japon, dans la zone euro et dans l'ensemble de la zone de l'OCDE, la production baissera de 4 à 7% cette année et restera généralement stagnante l'an prochain», indique l'OCDE dans un rapport établi en vue du sommet des pays avancés et émergents du G20 jeudi à Londres.

«La croissance du PIB mondial en termes réels (hors inflation, ndlr) devrait ralentir de 2,75% cette année avant de regagner 1,25% en 2010», indique l'organisation qui souligne que «l'économie de l'OCDE est au milieu de la récession la plus grave et la plus généralisée depuis plus de 50 ans».

«Des conditions financières strictes et une perte généralisée de la confiance vont continuer à peser sur l'activité cette année», ajoute l'OCDE, tablant sur une reprise timide et progressive en 2010 grâce aux politiques de relance mises en oeuvre.

Cette reprise est toutefois soumise à plusieurs conditions et il faudra «que les tensions sur les marchés des capitaux s'atténuent vers la fin de 2009», juge l'organisation.

«Le danger le plus grave est qu'avec l'affaiblissement de l'économie réelle, la santé des institutions financières se dégrade davantage, les obligeant à réduire leurs prêts» encore davantage.

Prenant en compte le mécontentement à l'égard du secteur bancaire et des sommes nécessaires à le renflouer, l'OCDE relève qu'il «faut s'efforcer de faire accepter à l'opinion publique que ces mesures indispensables seront très coûteuses et qu'elles le seront d'autant plus si l'on tarde à agir».

L'OCDE redoute aussi que l'action des gouvernements soit «insuffisante» pour rétablir la confiance dans les marchés financiers, tout en soulignant la fragilité de «certains» pays d'Europe de l'Est et «d'un nombre croissant» de pays en développement.

Le chômage augmentera «fortement» dans tous les pays de l'OCDE, «avec une pointe en 2010 ou au début de 2011». Et dans la majorité des pays, il dépassera les 10% pour la première fois depuis le début des années 90. «Il doublera quasiment par rapport à son niveau de 2007 dans les pays du G7» (Etats-Unis, Japon, Allemagne, Royaume Uni, France, Italie, Canada).

Les taux d'inflation seront proches de zéro dans plusieurs pays et certains expérimenteront même une chute des prix.

Concernant la nécessité d'une nouvelle relance budgétaire, prônée par Washington et Londres, mais écartée pour l'instant par Paris et Berlin, l'OCDE se montre prudente, estimant que cela dépend «de la situation de chaque pays, et en particulier de l'intensité des effets négatifs de la crise» ainsi que des niveaux actuels de dépense publique et d'endettement.

L'OCDE donne un satisfecit aux politiques mises en oeuvre jusque-là et notamment au fait que le protectionnisme ait été globalement évité.

«On reste loin d'une nouvelle Grande Dépression comme celle des années 1930, grâce à la qualité et à l'intensité des mesures que les gouvernements prennent actuellement. (...) L'actuelle récession a généralement suscité les bonnes réponses», affirme l'organisation basée à Paris.