Le groupe de presse Hearst Corporation a annoncé mardi la suppression d'un nombre «significatif» de postes au San Francisco Chronicle, dans le cadre d'un effort de réduction de coûts visant à éviter la vente ou la fermeture du principal quotidien de la métropole californienne.

Mis à jour le 24 févr. 2009
AGENCE FRANCE-PRESSE

«La survie est l'issue que nous voulons tous, mais sans les changements que nous demandons dans toute l'organisation du Chronicle, nous n'aurons d'autre choix que de rapidement chercher un acheteur (pour le journal), ou, si on n'en trouvait pas, de fermer le journal», a déclaré le directeur général de Hearst Frank Bennack, cité dans un communiqué.

Selon sa maison-mère le San Francisco Chronicle accumule des pertes financières importantes qui remontent à 2001, avant même que la crise financière actuelle n'entraine un effondrement des recettes généralisé dans les médias. Les pertes de l'an dernier ont atteint 50 millions de dollars, et celles de cette année à ce stade sont «pires».

M. Bennack a précisé qu'il faudrait trouver un accord «en l'espace de quelques semaines» pour éviter la vente ou la fermeture, et qu'il prévoyait des suppressions de postes à la fois parmi l'encadrement et le personnel journaliste ou syndiqué.

«C'est une réalité de la vie, qu'il faut que nous vivions selon nos moyens en tant que journal, ce que nous n'avons pas fait pendant des années», a commenté pour sa part le président du San Francisco Chronicle Frank Vega, cité dans un article du site Internet du journal.

En cas de succès de l'effort de réduction des coûts, «nous sommes optimistes sur l'émergence d'un Chronicle sain et dynamique», a-t-il ajouté.

Le San Francisco Chronicle, fondé en 1865, avait été racheté en 2000 par Hearst.

Le groupe Hearst avait déjà annoncé en janvier qu'il cherchait un repreneur pour un autre de ses fleurons, le Seattle Post Intelligencer, qu'il possède depuis 1921 et qui accumule les pertes depuis 2000. Faute d'en trouver, Hearst menaçait de fermer le journal ou de le publier exclusivement sur Internet dans les deux mois.

Hearst, un groupe non coté fondé par le légendaire magnat William Randolph Hearst, est l'un des plus grands groupes de médias du pays, propriétaire également du Houston Chronicle, du Denver Post, et de nombreux autres journaux, chaînes de télévisions et sites internet comptant au total 20 000 employés.

L'annonce de Hearst intervient quelques jours seulement après le dépôt de bilan de deux autres groupes de presse américains, Philadelphia Newspapers et Journal Register.

La chute des revenus publicitaires et la migration des lecteurs de journaux vers l'Internet ont également conduit au dépôt de bilan en décembre du groupe Tribune, le deuxième plus grand groupe de presse du pays, propriétaire notamment des prestigieux Los Angeles Times et Chicago Tribune, ainsi que, plus récemment, le Minneapolis Star Tribune.

Le New York Times, qui a vu son bénéfice fondre de 48% au quatrième trimestre 2008 en raison d'une chute des revenus publicitaires qui a gagné l'internet, a annoncé la semaine dernière qu'il suspendait le versement de son dividende pour préserver ses liquidités.