L'économiste hongroise avec laquelle le directeur général du Fonds monétaire international Dominique Strauss-Kahn a eu une liaison extra-conjugale l'accusait d'abus du pouvoir, selon le contenu d'une lettre révélé jeudi par l'hebdomadaire français L'Express.

Mis à jour le 19 févr. 2009
AGENCE FRANCE-PRESSE

«M. Strauss-Kahn a abusé de sa position pour entrer en relation avec moi», affirmait cette femme, Piroska Nagy, dans cette lettre qui date d'octobre, dont des extraits ont été publiés par L'Express . «Je n'étais pas préparée aux avances du directeur général du FMI. [...] J'avais le sentiment que j'étais perdante si j'acceptais, et perdante si je refusais», poursuivait-elle.

Interrogé sur cette lettre, le FMI n'en a pas démenti le contenu.

«Le conseil extérieur choisi pour enquêter sur cette question a été informé de cette lettre en temps nécessaire, bien avant qu'il ne rende ses conclusions sur les faits», a indiqué un porte-parole à l'AFP.

M. Strauss-Kahn, 59 ans, avait reconnu avoir eu début 2008 cette relation avec une subordonnée, révélée par le Wall Street Journal en octobre.

L'affaire avait amené le FMI à ordonner une enquête pour déterminer si son dirigeant avait usé de son pouvoir pour favoriser cette ancienne salariée du FMI, Piroska Nagy, au moment de son départ à l'été 2008 pour la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD).

Le 25 octobre, le conseil d'administration du FMI, au terme de cette enquête menée indépendamment par un cabinet d'avocats, avait blanchi M. Strauss-Kahn des soupçons de favoritisme, tout en lui reprochant «une grave erreur de jugement».

Le porte-parole du FMI a indiqué que l'institution multilatérale ne ferait «plus d'autre commentaire sur cette affaire» qu'elle considère comme close.