La crise financière et la folle descente des marchés risquent fort de modifier l'environnement des fonds communs dans les prochaines années.

Hugo Fontaine

La crise financière et la folle descente des marchés risquent fort de modifier l'environnement des fonds communs dans les prochaines années.

Al Kellett, analyste en fonds de placement chez Morningstar Canada, a identifié quelques changements à prévoir.

D'abord, il faut s'attendre à une plus grande réglementation de la finance. Résultat: une augmentation des coûts.

«Les gestionnaires d'actifs devront dépenser davantage en vérification, conformité, services de fiducie et de dépositaire, et même pour les transactions, écrit M. Kellett dans une analyse publiée par Morningstar. On peut légitimement penser que la plupart de ces coûts seront répercutés sur l'utilisateur.»

M. Kellett soutient aussi que les fonds spéculatifs - qui ont frappé leur Waterloo cet automne - ne cesseront pas d'exister, mais il y en aura moins et leurs frais baisseront.

«Mais avec les banques prises dans un processus de plus en plus bureaucratique et apeurées par la perspective de prêter de l'argent, les fonds spéculatifs combleront ce vide comme organismes prêteurs aux sociétés de taille moyenne», ajoute l'analyste.

M. Kellett annonce un renouveau de l'intérêt autour de la gérance des fonds.

«Bien que la gérance ne se reflète pas directement dans le rendement, [...] elle peut avec le temps faire la différence entre un excellent placement et un autre à éviter. Maintenant que les choses se sont gâtées, ces questions vont être remises sur le tapis.»

Enfin, Al Kellett appelle à la prudence.

«Dans le sillage de tout ce chaos boursier, nous serons bientôt bombardés par une pluie de nouveaux modèles de transactions quantitatifs dont on nous dira qu'ils se seraient bien comportés dans les mois périlleux de septembre et octobre 2008.[...] Ne les croyez pas.»