Tête chercheuse et créative, Daniel Langlois poursuit sa route de découvreur infatigable.

Mario Cloutier

Tête chercheuse et créative, Daniel Langlois poursuit sa route de découvreur infatigable.

Le fondateur de Softimage travaille depuis un an à la création d'un musée encyclopédique des arts technologiques et médiatiques, sur le modèle de Wikipédia.

En marge du 10e anniversaire de la Fondation qui porte son nom, le mécène a expliqué à La Presse que ce projet serait prêt d'ici un an et pourrait coûter quelques millions de dollars.

«Ça va demander plus de fonds que la dotation normale (de la Fondation). C'est un projet international très important. On a atteint une réputation qui nous permet d'attirer des gens de partout pour offrir un tel contenu», souligne-t-il.

Contrairement à Wikipédia, dont le contenu ne fait l'objet d'aucune vérification autre que celle des internautes, une partie du site sera supervisée par l'équipe de Daniel Langlois, qui s'assurera de sa crédibilité, tandis qu'une autre sera ouverte à la contribution du public.

«Dans cette section, par exemple, un artiste pourrait être en performance et son oeuvre pourrait très bien consister à changer les textes des participants qui clavardent!» fait-il.

De plus, le site sera aussi un important lieu de conservation et d'exposition de vidéos, d'installations et d'oeuvres multimédia.

«Avec ce site, on va être capables de fournir encore plus de vulgarisation à propos d'un contenu encyclopédique, mais super-dynamique. Les artistes, eux, veulent qu'on prenne leur oeuvre et qu'on la conserve», dit-il.

Le site, qui fourmillera d'information et de collections d'art, sera probablement lourd, mais pas nécessairement lent, assure-t-il.

«C'est totalement faisable. Il faut juste le faire comme il faut en y réfléchissant bien dès le départ. On va rendre plus visible ce qu'on fait avec ce véhicule. L'intérêt y est», affirme M. Langlois.

La fondation fête ses 10 ans

Par ailleurs, le Musée des beaux-arts inaugurera dans quelques jours une importante exposition d'art électronique pour souligner le 10e anniversaire de la fondation Daniel Langlois.

Méconnue ici, même si elle a versé le quart de ses subventions à des artistes ou organismes québécois, la Fondation pour les arts, la science et la technologie a investi 20 millions en 10 ans sur tous les continents, surtout dans les pays en émergence.

L'organisme a reçu plus de 2200 demandes d'aide depuis ses débuts, parmi lesquelles 157 projets ont été retenus. Le processus de sélection est extrêmement sérieux.

«Les gouvernements nous suivent, mais nos propres règles sont très strictes. Dans certains pays, il n'y a pas de fondations. On doit leur dire comment fonctionner dans les règles. J'ai l'impression que ça va influencer les lois avec le temps dans ces pays», explique-t-il.

L'aide aux artistes et aux groupes peut atteindre plus de 100 000$. Parmi les projets que la fondation a soutenus: numérisation de la tradition orale au Ghana, centre médiatique au Pérou, récupération de matériel électronique en Lettonie, etc.

L'une des initiatives majeures de la fondation, en collaboration avec des universités surtout montréalaises, consiste à documenter et à conserver le patrimoine des arts médiatiques.

«Même si on est le plus gros projet sur la terre qui fait ce travail en ce moment, il n'y a pas assez de têtes autour de la table, mais c'est fondamental comme recherche», dit l'homme d'affaires.