À la différence des Français, les Canadiens boivent un peu plus de vin chaque année. Tout indique qu'il en sera ainsi pour les prochaines années.

Rudy Le Cours

À la différence des Français, les Canadiens boivent un peu plus de vin chaque année. Tout indique qu'il en sera ainsi pour les prochaines années.

En outre, ils boivent mieux, tant il est vrai qu'un prix moyen par bouteille plus élevé serait gage de meilleure qualité.

Le Canadien est désormais au 16e rang au palmarès des buveurs de vin avec 10,37 litres par adulte. Il est à égalité avec l'Américain. Toutefois, sa consommation progresse plus vite de sorte qu'il devrait la porter à 13,6 litres comparativement à 12,7 pour son voisin, d'ici 2010.

Sept bouteilles consommées sur 10 sont importées ce qui place le Canada au sixième rang des acheteurs à l'étranger.

Ces chiffres ont été préparés par l'International Wine and Spirit Record (IWSR), une firme britannique engagée par Vinexpo, le plus important salon des vins et spiritueux au monde. Il tiendra ses assises biennales en juin à Bordeaux mais sa direction terminait hier sa tournée promotionnelle en Amérique du Nord.

«Le Canada vient d'atteindre le niveau qui prépare la phase optimale de la consommation de vin. Celle qui dépasse l'hésitation», croit Jean-Marie Chadronnier, à la fois président de Vinexpo et prospère copropriétaire du Groupe CVBG-Dourthe-Kressmann qui exploite plusieurs propriétés bordelaises réputées tels Château Belgrave (grand cru classé), Château Le Boscq (cru bourgeois) et Château La Garde.

C'est non sans plaisir d'ailleurs qu'il relève que la consommation de vins de plus de 10$ progressera deux fois plus vite que celle des produits moins chers.

En France, où on boit encore sept fois plus de vin par personne que chez nous, la consommation diminue depuis 20 ans. Tout indique que la tendance se maintiendra.

Attention aux États-Unis

En 2010, les États-Unis deviendront les plus importants consommateurs de la planète. Leur consommation par habitant pourra continuer d'augmenter longtemps avant d'atteindre les niveaux des pays producteurs du Vieux Continent.

M. Chadronnier croit que la production locale de vins de qualité éveille la curiosité du consommateur qui désire ensuite la parfaire en achetant des bouteilles importées. Voilà qui explique que la consommation progresse en Amérique du Nord. En France, elle serait victime des campagnes contre la surconsommation d'alcool.

«Elles mettent toujours le vin au banc des accusés alors que la consommation de whisky augmente», déplore M. Chadronnier qui ne vend pas d'alcool de grain. En fait, les Français sont désormais les premiers consommateurs de scotch au monde, nous apprend aussi l'étude d'IWSR.

Si la France a perdu sa domination outrageante du marché canadien depuis le début de la présente décennie, elle demeure son premier fournisseur et entend profiter de l'engouement accru pour le vin observé d'un océan à l'autre, mais surtout au Québec et en Ontario.

«Nous avons compris qu'il fallait écouter le consommateur», résume M. Chadronnier qui, ce disant, portait plutôt son chapeau de producteur viticole que celui de promoteur de Salon.