Les tiers des plants de tomates de Savoura sont arrivés, en fin de semaine, dans les nouvelles installations de cinq hectares des Serres du Saint-Laurent, à Saint-Étienne-des-Grès, et l'autre tiers est arrivé à 6 h, mardi matin, soit 45 000 plants.

Brigitte Trahan

Les tiers des plants de tomates de Savoura sont arrivés, en fin de semaine, dans les nouvelles installations de cinq hectares des Serres du Saint-Laurent, à Saint-Étienne-des-Grès, et l'autre tiers est arrivé à 6 h, mardi matin, soit 45 000 plants.

Mais le gaz qui servira à maintenir la bonne température dans les serres et à chauffer l'eau qui alimentera tous ces plants ne proviendra pas du lieu d'enfouissement de Saint-Étienne-des-Grès comme prévu.

Pas avant quelques mois du moins.

C'est que des problèmes de soumissions sont venus mettre des bâtons dans les roues de la Régie de gestion des matières résiduelles de la Mauricie dans le cadre des travaux visant à acheminer le gaz aux Serres du Saint-Laurent.

«Nous sommes allés en appels d'offres pour certains travaux et il n'y a eu qu'un soumissionnaire. Mais la façon dont le contenu de la soumission a été présenté n'était pas conforme à la loi. Nous avons donc dû rejeter la soumission. Il n'y a pas grand monde qui oeuvre dans le domaine des biogaz et les compagnies de l'extérieur ne sont pas nécessairement intéressées à venir travailler au Québec», explique le directeur général, Robert Comeau.

«On a donc décidé de faire les travaux», dit-il. La régie vient d'ailleurs de lancer elle-même deux nouveaux appels d'offres pour la fourniture, la livraison et la mise en service de soufflantes pour l'extraction du biogaz ainsi que pour la fourniture, la livraison et la mise en service d'une torchère à flamme invisible.

Quand ces travaux seront-ils terminés? «C'est difficile à dire. J'ose avancer que ça pourrait être avant les grands gels de février», laisse entrevoir Robert Comeau sans ne rien pouvoir promettre.

En attendant, le propriétaire des serres, Jacques Gosselin, explique qu'il fait affaires avec Gaz Metro pour assurer le démarrage de son projet. La ligne de Gaz Metro passe d'ailleurs dans le secteur.

«Mais c'est plus cher. Ça ne se compare pas», dit-il. M Gosselin se demande d'ailleurs qui va payer la différence de prix et espère que ce soit la régie. Il faut en effet 18 millions de mètres cubes de gaz par année pour alimenter les serres de Saint-Étienne.

À la régie, Robert Comeau explique qu'on a demandé aux procureurs de répondre à cette question.

«Nous avons une entente avec Savoura et nous allons la respecter. Mais ça devient très technique de savoir où ça commence et où ça finit. Par exemple, l'entente dit que nous ne sommes pas obligés de fournir une quantité et une qualité soutenues de gaz. C'est pour ça que le prix est plus bas. Il y a des clauses et notre procureur va nous faire des recommandations. Nous allons donner une réponse à M. Gosselin rapidement à ce sujet», dit-il.

Cette situation, même si elle engendre des coûts imprévus, ne met pas les Serres Savoura dans le pétrin, pour l'instant, puisque la construction du complexe comprenait déjà l'installation de deux systèmes énergétiques, dont un en cas de bris ou d'imprévu.