Une "Bourse alternative" à coûts moindres s'amène très bientôt dans le fief de la Bourse de Toronto, appuyée par les plus gros courtiers au pays.

Martin Vallières

Une "Bourse alternative" à coûts moindres s'amène très bientôt dans le fief de la Bourse de Toronto, appuyée par les plus gros courtiers au pays.

Et son patron, Jos Schmitt, d'origine européenne, ne cache pas les ambitions qui motivent ce projet baptisé "Alpha Trading Systems".

«Je serai déçu si nous n'accaparons pas 20% du volume d'actions à Toronto au terme de notre première année d'opération», dit-il en entrevue dans son bureau du centre-ville de Toronto, tout près du "Exchange Tower" qui héberge la Bourse de Toronto.

Trop ambitieux, le chef de la direction d'Alpha?

Chose certaine, les attentes sont élevées dans le milieu boursier.

L'annonce du projet Alpha en mai 2007 par des poids lourds de Bay Street avait provoqué un vif repli des actions du Groupe TSX, qui ne gérait alors que la Bourse de Toronto.

Les deux plus importantes firmes de courtage sous contrôle québécois, Financière Banque Nationale et Valeurs mobilières Desjardins, sont parmi les instigateurs d'Alpha.

On y retrouve aussi l'influente Agence d'investissement du Régime de pensions du Canada, le vis-à-vis fédéral de la Caisse de dépôt et placement.

Avec Alpha, ces grands intervenants boursiers veulent se doter d'un marché particulier afin de rehausser l'efficacité et de réduire les frais de leurs transactions de blocs d'actions.

Le défi est de taille, même pour un expert comme Jos Schmitt, qui a 20 ans d'expérience en gestion de Bourses en Europe et en Amérique du Nord.

D'ailleurs, le lancement d'Alpha d'abord annoncé pour la fin septembre a été reporté de "quelques semaines", à la suite de récents tests de marché qui ont révélé des failles.

«Nous sommes pressés et ambitieux, certes, mais nous avons aussi une responsabilité de lancer un système efficace et fiable dès le départ. Le succès d'une Bourse alternative comme Alpha ne tient pas seulement à ses coûts moindres», explique M. Schmitt.

Dans le milieu boursier, les rumeurs font état de tarifs proposés par Alpha qui seraient inférieurs de 25 à 50% à ceux de la Bourse de Toronto, selon la taille des transactions.

«L'annonce de notre projet en mai 2007 a déjà provoqué des révisions tarifaires à la Bourse de Toronto», souligne le patron d'Alpha.

Du même souffle, Jos Schmitt soutient que cette Bourse alternative profitera à tout le marché canadien.

«Avec une Bourse moins coûteuse et plus efficace, on devrait attirer plus d'intervenants et, du coup, rehausser le volume et la liquidité du marché. Même les petits investisseurs en bénéficieront, avec l'essor facilité des courtiers à escompte.»