Montréal ne verra pas beaucoup de Brad Pitt, Cate Blanchett ou Susan Sarandon cet été. En fait, aucun gros tournage américain n'est prévu dans la Métropole dans les prochains mois.

Olivier Bourque

Montréal ne verra pas beaucoup de Brad Pitt, Cate Blanchett ou Susan Sarandon cet été. En fait, aucun gros tournage américain n'est prévu dans la Métropole dans les prochains mois.

Mais Daniel Bissonnette, commissaire du Bureau du cinéma et de la télévision de Montréal, espère une embellie pour la deuxième partie de l'année 2008.

«Pour l'instant, on n'a rien à annoncer. Mais on reçoit des demandes à chaque semaine, donc c'est positif», indique-t-il.

M. Bissonnette dit d'ailleurs évaluer quelques propositions provenant des États-Unis. Des projets jugés «intéressants», souligne le commissaire.

Et aussi quelques gros noms circulent. Notamment celui d'un grand réalisateur américain.

«Nous sommes à discuter avec l'équipe de Martin Scorsese sur un projet. Mais je ne peux pas en dire plus pour l'instant», affirme M. Bissonnette.

Tout de même, pour l'heure, c'est le calme plat du côté des grosses productions étrangères. La perspective d'une grève des acteurs américains qui pourrait s'enclencher dès le 30 juin prochain, n'est pas étrangère à la situation.

«C'est sûr que s'il y a une grève des acteurs, tout s'arrête», constate Daniel Bissonnette.

Rappelons que le Syndicat américain des comédiens du cinéma (SAG) a rompu dernièrement les négociations avec les grands studios. Les discussions achoppent sur la question des droits issus des contenus diffusés sur les nouvelles plateformes dont internet et les téléphones cellulaires.

Le huard, plutôt fringant, refroidit également les ardeurs des équipes américaines à venir tourner à Montréal. Mais selon M. Bissonnette, la force du dollar canadien est un facteur parmi d'autres.

«Montréal subit également la concurrence de plus en plus féroce d'autres villes ou États américains. Par exemple, le Connecticut attire les tournages avec des crédits d'impôts quasiment disproportionnés», avance-t-il.

Montréal vs Vancouver

Au Canada, Montréal doit surveiller de près Vancouver qui s'avère alléchante, elle aussi. La Ville du Pacifique a surtout l'avantage d'être située tout près de la Ville des Anges, et surtout, dans le même fuseau horaire.

Mais Montréal a l'avantage de ressembler à l'Europe. L'année dernière, lors d'un tournage, une rue était utilisée pour incarner Paris et une autre tout près, pour mettre en scène le Moscou des années 40.

Des retombées économiques importantes

L'année passée, les tournages américains et étrangers avaient permis à la Métropole de profiter de 250 M$ en retombées économiques.

Depuis 5 ans, ce sont 200 films américains et quelques dizaines de coproductions qui ont été tournés à Montréal drainant 200 M$ à chaque année dans l'économie de la Ville, avance le commissaire.

Tout de même, Montréal verra plusieurs tournages dans les prochains mois. Pour la grande majorité des productions locales.

Ainsi, plusieurs films seront tournés dont «Les Doigts croches» de Ken Scott, «Le Déserteur» de Simon Lavoie ou «Dédé à travers les brumes» de Jean-Philippe Duval. Tout ça, sans compter les séries à télévision qui sont également tournées un partout à Montréal durant l'été.