La partie de bras de fer se poursuit chez Audi Sherbrooke, où les mécaniciens et hommes d'entretien du concessionnaire sont en grève depuis le 6 décembre dernier.

Mis à jour le 12 janv. 2008
Jonathan Custeau

La partie de bras de fer se poursuit chez Audi Sherbrooke, où les mécaniciens et hommes d'entretien du concessionnaire sont en grève depuis le 6 décembre dernier.

En point de presse, vendredi, les instances syndicales ont dénoncé leur employeur, qui aurait fait appel aux services d'un briseur de grève.

«Ils se comportent comme des employeurs d'une autre époque. Le 4 et le 7 janvier, ils ont fait appel à un apprenti mécanicien sans expérience qui vient de terminer son cours à l'école du 24-Juin. Il effectue le travail normalement dévolu aux syndiqués», a d'abord déploré Jean Lacharité, président de la CSN Estrie.

«Ils jettent de l'huile sur le feu en ne respectant pas les normes établies. S'ils embauchent à nouveau un apprenti, nous allons déposer une nouvelle requête devant la Commission des relations de travail et nous allons nous arranger pour qu'ils soient déboutés une seconde fois.»

De plein droit

Frédéric Morin, le copropriétaire, affirme de son côté avoir agi de plein droit.

«C'est déjà dans les mains de notre avocat. Il s'agissait d'un stagiaire qui a effectué les tâches d'un directeur de service en travaillant sur le système informatique. Il n'a jamais fait un travail de syndiqué.»

Le copropriétaire accuse à son tour la CSN de chercher à jeter de l'huile sur le feu.

«L'individu en question finit son stage à la fin de janvier et nous pensons l'embaucher pour un emploi de cadre qui n'est en rien relié à celui de mécanicien. Oui, il a commencé son stage à ce poste, mais puisqu'il n'a pas pu poursuivre en raison de la grève, nous lui avons offert d'autres tâches.»

M. Morin ajoute que ce type d'accusation pourrait mettre en péril une entente prochaine ou les chances d'en arriver à un règlement rapide.

«Nous nous sommes entendus à 95 pour cent, mais il reste des points-virgules à régler. Mais les employés nous demandent un droit de gérance, et il n'y a aucun employeur sur la terre qui va reconnaître un droit de gérance à ses employés.»

Pierre Boutin, délégué syndical, demande quant à lui à la population de ne pas franchir la ligne de piquetage.

«Nous leur conseillons d'aller chez le concessionnaire le plus proche, à Saint-Bruno. Sinon, le moral est bon.»

En ce sens, Jean Lacharité assure que les pertes de rémunérations sont minimes chez les grévistes. «Les autres garages sont très solidaires. S'ils pensent nous essouffler sur la question monétaire, ça risque de prendre du temps.»

Une rencontre de négociations est prévue lundi prochain.

Rappelons que les syndiqués avaient eu gain de cause devant la Commission des relations de travail alors qu'ils accusaient leur employeur de chercher à sortir la CSN pour la remplacer par un syndicat de complaisance.