La carrière de Joëlle vient à peine de décoller, et elle veut s'assurer de prendre le bon cap.

Mis à jour le 21 janv. 2008
Marc Tison

La carrière de Joëlle vient à peine de décoller, et elle veut s'assurer de prendre le bon cap.

Détentrice d'un bac en administration, la jeune femme de 24 ans travaille depuis quatre mois pour un nouvel employeur. Son salaire est de 48 000$.

Son appartement lui coûte 615$ par mois, incluant le chauffage et l'électricité.

Elle conduit une petite voiture qu'elle a louée pour cinq ans, et dont les mensualités et les assurances totalisent 324$ par mois.

Fort raisonnable, tout cela

Depuis quelques semaines, Joëlle s'est imposé la discipline de déposer 25$ dans un compte REER.

«Comme je viens de commencer, mon solde n'est que de 400$», confie-t-elle, amusée. Après un an de service, elle pourrait participer au REER collectif de son employeur, qui offre une cotisation équivalant à 4% de son salaire, si elle en met autant de son côté.

Elle prévoit faire un voyage ce printemps, au coût d'environ 2000$... qu'il faut mettre de côté d'ici là. Elle songe en outre à acquérir un condo ou une maison d'ici cinq à sept ans.

Enfin, elle aimerait entreprendre sous peu des études à temps partiel, «ce qui me coûtera également quelques dollars».

Ce qui lui rogne un peu les ailes, c'est la dette de 18 000$ qu'elle a accumulée pour des cours de pilotage commercial.

«Pour l'instant, je n'entrevois pas une carrière dans ce milieu, à cause des coûts élevés de la formation», confie-t-elle. Le solde du prêt s'élève encore à 13 700$, à rembourser en un peu plus de quatre ans. Le taux d'intérêt est de 9,5% - «ce qui me semble élevé», dit-elle.

La jeune femme de 24 ans veut prendre son envol sans être plombée par ses dettes. «Est-ce que je devrais étaler un remboursement de prêt sur une plus longue période?» s'interroge-t-elle. Comment piloter au mieux son budget?

Survol de la situation

Nathalie Bachand, actuaire, et Josée Jeffrey, fiscaliste, toutes deux planificatrices financières, ont conjugué leurs efforts pour aiguiller Joëlle.

Première observation: si on tient compte du versement de 25$ par semaine à son REER, son salaire de 48 000$ lui procure un revenu net d'environ 33 000$ par année. Cette cotisation totalise 1300$ par année.

Une participation au régime de REER collectif de son employeur lui permettrait d'y accumuler 3840$ par année. Cette différence de 2400$ ne représente qu'une différence de 400$ sur son revenu net, qui s'établirait alors à 32 600$.

Il est assez évident qu'elle doit cotiser au REER collectif, commentent nos deux spécialistes. De plus, cela lui permettra dans cinq ans de retirer 20 000$ de ces sommes dans le cadre du programme de Régime d'accession à la propriété (RAP) pour l'achat de son condo.

En effet, en supposant un rendement de 5% par année, elle y aura accumulé quelque 23 500$.

Nathalie Bachand et Josée Jeffrey déconseillent d'étirer le remboursement du prêt sur sept ans. Les paiements s'en trouveraient réduits de 1400$ par année, soit 27$ par semaine, mais cet allongement de trois ans ajouterait 2255$ en frais d'intérêts.

Mieux vaut maintenir la discipline actuelle, d'autant plus qu'au moment où Joëlle sera prête à acheter une propriété, elle se sera débarrassée de ce poids.

À ce propos, nos expertes ont observé que le prêt pour études de Joëlle est en fait un prêt personnel. Le paiement de 79,53$ par semaine inclut une assurance vie et invalidité, qui porte le taux d'intérêt effectif de 9,5% à 10,2%.

Or, Joëlle bénéficiera bientôt de l'assurance vie et de l'assurance invalidité qu'offre son employeur. Elle pourra alors songer à résilier les assurances liées à son prêt, et ainsi réduire ses paiements.

Elle devra prendre soin de nommer son père bénéficiaire de son assurance vie, puisqu'il a endossé ce prêt, conseillent les expertes.

Et puisqu'on parle de dette, Joëlle a accumulé un solde de 700$ sur une carte de crédit, qu'elle rembourse au rythme de 80$ par mois. Cette dette sera elle aussi acquittée dans huit mois, ce qui dégagera une somme additionnelle de 80$ par mois.

Pour le voyage prévu ce printemps, la jeune femme épargne 60$ par semaine. Au début décembre, elle avait ainsi mis de côté 350$. À la fin avril, elle aura ainsi accumulé 1550$.

Il lui manquera encore 450$ pour lui permettre de s'envoler. Il se peut qu'elle récupère une partie de l'impôt payé sur son revenu à temps plein puisqu'elle ne l'a reçu que depuis quatre mois, observent les planificatrices. Ce pourrait être la différence pour réaliser son voyage!

Par ailleurs, Joëlle estime consacrer une centaine de dollars chaque semaine aux restaurants et aux loisirs. Toutes ces dépenses et paiements totalisent 24 680$. Par rapport aux 33 000$ de revenus nets, les autres dépenses - nourriture, téléphone, essence - accaparent donc 8320$. Mais dans quelles proportions?

Pour le savoir et mieux contrôler ces dépenses, Joëlle aurait intérêt à faire un budget en bonne et due forme.

Nathalie Bachand et Josée Jeffrey lui conseillent enfin de se constituer, au fil du temps, un fonds d'urgence de 8000$. Illusoire?

Après son voyage et le remboursement de sa carte de crédit, Joëlle épargnera plus de 4000$ par année, ce qui lui permettra de retourner aux études et de constituer son fonds d'urgence, répondent nos conseillères.

Le ciel est dégagé