Le PDG de la défunte entreprise Mount Real, Lino Matteo, vient d'être sévèrement jugé par un ordre professionnel, qui le qualifie de «danger pour le public».

Francis Vailles

Le PDG de la défunte entreprise Mount Real, Lino Matteo, vient d'être sévèrement jugé par un ordre professionnel, qui le qualifie de «danger pour le public».

Ces commentaires viennent du comité de discipline de l'Ordre des comptables en management accrédités (CMA) du Québec. Hier, le comité a choisi de bannir Lino Matteo de la profession, compte tenu de «l'arnaque» qu'il a organisée au détriment de centaines d'investisseurs.

«Malgré les énormes pertes qu'il a provoquées chez les centaines d'épargnants, l'intimé continue de confondre ses rêves avec la réalité (...) Il démontre qu'il n'a aucun remords et qu'il est prêt à recommencer n'importe quand; l'intimé est un danger pour le public», écrit le comité, formé de trois membres.

Le syndic de l'Ordre, représenté par Luc Godin, est le premier organisme à avoir fait reconnaître Lino Matteo coupable d'arnaque. Le comité de discipline a également jugé Lino Matteo coupable d'avoir transmis des informations fausses aux investisseurs et d'avoir caché la véritable situation financière de l'entreprise.

Lino Matteo n'a été présent à aucune des audiences du comité de discipline qui le visait. Il était représenté par une avocate. Pour se défendre avant la sanction, Lino Matteo a transmis une lettre, le 11 août 2008, dont la teneur a grandement irrité le comité.

Dans cette lettre, Lino Matteo soutenait encore qu'il était en mesure, six mois avant d'être saisi par les autorités, de gonfler le chiffre d'affaires annuel de Mount Real à 400 millions de dollars, avec un bénéfice d'exploitation de 100 millions. Ces chiffres auraient donné une valeur boursière d'un milliard de dollars à Mount Real.

Peu après la saisie, en novembre 2005, un rapport concluait que Mount Real était une coquille vide, incapable de réaliser plus de 45 000$ de revenus par mois. «L'intimé tente de diminuer sa responsabilité dans les faits reprochés et d'attribuer à d'autres la responsabilité des pertes pour les épargnants», écrit le comité.

Rappelons que l'une des preuves centrales du syndic était le témoignage par écrit du bras droit de Lino Matteo, Paul D'Andrea. Selon M. D'Andrea, Lino Matteo a profondément falsifié les états financiers de Mount Real et recueilli des fonds en contravention de la Loi sur les valeurs mobilières.

En plus de la radiation à vie, le comité lui impose l'amende maximale, soit 18 000$ pour les trois chefs d'accusation. Au moment de mettre sous presse, l'avocate de Lino Matteo, Claudine Murphy, n'avait pas rappelé.