À juste titre, les propriétaires de véhicules GM (GM) s'inquiètent du sort qui sera réservé à leur garantie advenant la faillite de l'entreprise. La plupart des automobilistes GM peuvent néanmoins dormir sur leurs deux oreilles, prédisent les experts.

Francis Vailles

À juste titre, les propriétaires de véhicules GM [[|ticker sym='GM'|]] s'inquiètent du sort qui sera réservé à leur garantie advenant la faillite de l'entreprise. La plupart des automobilistes GM peuvent néanmoins dormir sur leurs deux oreilles, prédisent les experts.

D'abord, rappelons les faits. Aux dernières nouvelles, GM perdait 1 milliard de dollars par mois. À ce rythme, l'entreprise prévoit être à court de liquidités dès janvier prochain, ce qui signifierait la faillite.

Or, dans un tel cas, une entreprise n'est plus tenue d'honorer ses garanties. Pour les propriétaires de véhicules GM, cela signifierait bye-bye le fameux «trois ans ou 60 000 km pare-chocs à pare-chocs».

Dans les faits, toutefois, l'importance du réseau de clients pour GM surpasse de loin les questions juridiques, disent les experts. «Théoriquement, GM n'aurait pas d'obligation juridique d'honorer les garanties. Mais du point de vue marketing, il serait suicidaire pour la relance de l'entreprise de ne pas les respecter», fait valoir Christian Bourque, responsable du département de restructuration chez PricewaterhouseCoopers.

Même son de cloche de George Iny, président de l'Association de protection des automobilistes (APA). «Même si GM est vendue ou démantelée, les repreneurs auront intérêt à respecter les garanties pour garder la confiance de la clientèle», dit-il.

George Iny donne l'exemple des sociétés aériennes qui se sont restructurées aux États-Unis. Dans tous les cas, les billets d'avion des clients ont été acceptés même s'ils ont été achetés avant les restructurations ou les changements de Essentiellement, GM fait face à trois possibilités: elle déclare faillite et ferme ses portes, elle trouve un arrangement avec ses créanciers et employés ou elle survit grâce à l'aide du gouvernement.

Plusieurs observateurs estiment qu'une faillite pure et simple est à exclure. «Les États-Unis ne peuvent se permettre de laisser aller GM en faillite. L'impact serait trop énorme», dit M. Bourque.

Il est possible que l'entreprise soit allégée et restructurée dans le cadre du Chapitre 11 de la loi américaine. Mais cette restructuration, épaulée par un repreneur, devrait être très courte, soit quelques jours, question de ne pas perdre la confiance des consommateurs.

Christian Bourque croit que GM ne s'en sortira pas sans aide gouvernementale. D'ailleurs, le futur président américain Barack Obama a répété à maintes reprises être disposé à venir en aide au secteur automobile américain, qui réclame 50 milliards US.

Une telle aide serait toutefois versée dans le cadre d'une restructuration rapide sous le Chapitre 11, avec un repreneur désigné d'avance et un plan d'allègement de l'entreprise. Au menu: réductions de salaire, fonds de retraite remodelé, diminutions du nombre de concessionnaires, etc.

Différences selon la marque

La garantie, dans tout ça? George Iny croit que l'impact d'un tel scénario sur la garantie pourrait être différent selon la marque du véhicule. Pour le président de l'APA, GM compte un trop grand nombre de marques (huit). Une restructuration signifierait la fermeture de certaines des huit marques (Pontiac, Chevrolet, Buick, Cadillac, Saturn, SAAB, Hummer, GMC).

Les éléments les plus rentables, comme les camionnettes GM (pick-up), demeureront actifs et leurs propriétaires n'auraient aucun problème avec leur garantie, croit-il. C'est ce qui est arrivé avec les véhicules KIA, société que la coréenne Hyundai a rachetée et qu'elle continue d'exploiter.

Les automobilistes dont la marque serait éliminée seraient moins chanceux. Certes, on peut penser que le nouveau GM respecterait leur garantie et fournirait certaines pièces, question de ne pas se mettre les consommateurs à dos. Mais comme ce fut le cas pour les autos Daewoo, les automobilistes pourraient avoir du fil à retordre. Dans le cas de cette entreprise sud-coréenne reprise par GM, en 2002, les centres de service pour la garantie sont peu nombreux et «la garantie est pratiquement inexistante», dit M. Iny.