Un analyste spécialiste du transport aérien soutient que Gestion ACE Aviation (TSX:ACE.A), la société mère d'Air Canada (TSX:AC.B), n'envisage plus de vendre ses derniers titres du transporteur aérien en raison des mauvaises conditions du marché et s'apprête plutôt à en fermer le capital.

Ross Marowits

Un analyste spécialiste du transport aérien soutient que Gestion ACE Aviation (TSX:ACE.A), la société mère d'Air Canada (TSX:AC.B), n'envisage plus de vendre ses derniers titres du transporteur aérien en raison des mauvaises conditions du marché et s'apprête plutôt à en fermer le capital.

Selon Jacques Kavafian, de la firme Research Capital, cette option est la seule qui soit réaliste en ce moment pour ACE, compte tenu des faibles perspectives sur le titre du transporteur dans un contexte de volatilité des prix du carburant.

«Nous croyons que la seule option réaliste disponible est de racheter les actions d'Air Canada», a-t-il écrit dans un rapport. «Une fois cette étape complétée, ACE deviendrait alors Air Canada.»

Selon M. Kavafian, il en coûterait 215 millions $, soit 8,50 $ par action, pour racheter la participation de 25 pour cent dans le transporteur qu'ACE ne détient pas déjà.

Il serait alors difficile pour les actionnaires de résister puisque la prime offerte corresponderait environ au double du cours du titre à la fermeture des marchés mercredi.

L'action d'Air Canada a clôturé les échanges de jeudi à 4,79 $, en hausse de 57 cents, soit 13,5 pour cent.

ACE avait vendu la portion de 25 pour cent en question pour 21 $ l'action en novembre 2006.

Selon M. Kavafian, ACE pourrait aussi vendre sa participation majoritaire de 75 pour cent dans Air Canada sur les marchés ou procéder à une distribution spéciale en espèces, ce qui entraînerait toutefois des obligations fiscales.

ACE, qui avait été créée dans le cadre de la restructuration entreprise par le transporteur en difficulté en 2002, avait déjà averti les investisseurs qu'elle comptait se dissoudre d'ici la fin de l'année. La compagnie s'est déjà départie de plusieurs de ses actifs et ne conserve en ce moment que sa participation dans Air Canada et dans Aveos Fleet Performance, anciennement connue sous le nom d'ACTS.

Dans son rapport, M. Kavafian écrit que la récente démission du conseil d'administration d'Air Canada du chef de la direction financière d'ACE, Brian Dunne, peut être perçue comme une mesure visant à écarter tout conflit potentiel avant le rachat possible des actions.

Le chef de la direction d'Air Canada, Montie Brewer, a toutefois fait remarquer que les raisons de la démission de Brian Dunne n'ont pas été dévoilées. «Aucune raison n'a été donnée au sujet de la démission de M. Dunne», a-t-il dit mercredi, à Montréal, lors de la Conférence CIBC des investisseurs institutionnels de la côte Est.

La porte-parole d'Air Canada, Isabelle Arthur, a indiqué que la compagnie aérienne n'émettrait aucun commentaire sur les spéculations au sujet de son avenir. Aucun porte-parole d'ACE n'était disponible pour commenter.