Alors qu'il s'apprête à affronter un vent de face, le constructeur de simulateurs de vol CAE fait preuve d'un optimisme prudent.

Marie Tison

Alors qu'il s'apprête à affronter un vent de face, le constructeur de simulateurs de vol CAE fait preuve d'un optimisme prudent.

«La crise du crédit, le malaise économique global et la récente diminution des déplacements en avion justifient une prudence additionnelle, mais nous demeurons optimistes en ce qui concerne notre position», a déclaré le président et chef de la direction de CAE, Robert Brown, au cours d'une conférence téléphonique sur les résultats du deuxième trimestre hier.

Les résultats du deuxième trimestre ont d'ailleurs de quoi alimenter cet optimisme. Les revenus ont augmenté de 15% par rapport à la même période de l'exercice précédent pour atteindre 406,7 millions de dollars, alors que le bénéfice net a bondi de 25% pour atteindre 48,7 millions, soit 19 cents par action. Les analystes s'attendaient à des revenus de 400 millions et à un bénéfice net de 18 cents par action.

Le titre de CAE a littéralement décollé pour clôturer à 7,27$ à la Bourse de Toronto hier, un gain de plus de 12%.

«Nous croyons que les bases fondamentales de CAE à long terme demeurent positives et que le prix actuel de l'action constitue un attrayant point d'entrée pour les investisseurs, quel que soit leur horizon d'investissement, a écrit Cameron Doerksen, de la firme Versant Partners, dans un rapport de recherche. En fait, nous croyons que ce prix reflète déjà un ralentissement significatif dans l'industrie aérospatiale.»

M. Doerksen a affirmé que la performance de CAE dans le domaine de la défense au deuxième trimestre avait suscité une très agréable surprise. Les revenus de CAE dans ce secteur ont augmenté de plus de 21% pour atteindre 184,4 millions alors que la marge d'exploitation s'est établie à 17,9%.

Par comparaison, les revenus provenant de la vente de simulateurs civils sont demeurés à peu près stables à 114 millions alors que le bénéfice d'exploitation a diminué de 11% pour s'établir à 23,4 millions.

Le chef de la direction financière de CAE, Alain Raquepas, a attribué cette diminution aux contrats de couverture sur les devises, acquis il y a plusieurs mois alors que les taux de change étaient moins favorables qu'aujourd'hui. Il a ajouté que l'année dernière, l'entreprise avait utilisé davantage de fonds gouvernementaux liés à des programmes de partage de risque.

Les revenus liés aux services de formation dans le domaine de l'aviation civile ont augmenté de 20% alors que le bénéfice d'exploitation a bondi de 31%.

M. Brown a indiqué que les activités de formation civile ne sont pas blindées contre les effets des conditions du marché, mais elles sont cependant un peu plus stables que les activités de construction de simulateurs: la loi exige des séances d'entraînement périodiques pour les équipages actuels. En outre, l'âge moyen des pilotes continue à s'élever et plusieurs sont sur le point de partir à la retraite, ce qui nécessitera l'embauche et la formation de nouveaux pilotes.

«Nous voyons toujours des occasions de croissance dans ce segment», a affirmé M. Brown.

Il s'est également montré optimiste en ce qui concerne la formation dans le domaine de la défense: la formation par simulateur demeure moins onéreuse que la formation dans de véritables appareils et comporte beaucoup moins de risques.

Par ailleurs, M. Brown a annoncé hier la nomination de M. Marc Parent au poste de vice-président-directeur et chef de l'exploitation. En plus de siéger au conseil d'administration, M. Parent, qui était président du groupe des produits de simulation, aura pour tâche de favoriser les synergies entre les secteurs d'activités civiles et militaires de CAE.

«Nous croyons qu'il s'agit d'une autre étape en vue de préparer la succession de M. Brown, a écrit l'analyste Benoît Poirier, de Valeurs mobilières Desjardins, dans un rapport de recherche. Nous croyons que l'entreprise est sur la bonne voie.»