Les délais dans l'adoption du plan de sauvetage américain ont placé le monde économique en mode attentiste à la fin de la semaine dernière, alors que tout le monde avait les yeux rivés sur Washington.

Hugo Fontaine

Les délais dans l'adoption du plan de sauvetage américain ont placé le monde économique en mode attentiste à la fin de la semaine dernière, alors que tout le monde avait les yeux rivés sur Washington.

«Nous sommes en attente, on n'échange plus sur rien, a dit Vincent Delisle, stratège chez Scotia Capitaux, dans une entrevue avec La Presse Affaires vendredi. C'est impressionnant de voir à quel point tout le monde panique.»

«Si tu utilises l'indicateur monsieur et madame Tout-le-monde, ça ne peut pas être pire que ça. Quand tout le monde parle de Lehman Brothers mais que les trois quarts des gens ne savent pas de quoi il s'agit, ça veut dire que tu es plus près d'un creux que d'un sommet dans le marché.»

Le niveau de confiance, indicateur important s'il en est un, est près du plancher. «Ça ne peut pas être plus prononcé comme pessimisme», dit Vincent Delisle.

Même les clients institutionnels sont atteints dans une certaine mesure. «Il y a peu ou pas de gens qui sont passés à travers une crise de cette ampleur, dit Vincent Delisle. Tout ce qui affecte le moral des investisseurs affecte les entrées dans les fonds mutuels, et ça affecte le moral de ceux qui gèrent ces fonds. Il n'est pas facile de gérer un tel marché.»

Une fois adopté, le plan américain devrait rassurer monsieur et madame Tout-le-monde, parce que les marchés seront rassurés, selon Vincent Delisle.

Mais tout ne sera pas gagné.

«L'ampleur du dégât économique dépend de la réponse et des temps de réponse que comprennent le plan de sauvetage. Les probabilités que les États-Unis entrent en récession ont considérablement augmenté dans les dernières semaines. Il faut tenter de sauver les meubles. Est-ce qu'on aura une récession typique de deux ou trois trimestres ou, si le crédit ne revient pas, une récession plus douloureuse?»