Warren Buffett a beau être l'investisseur le plus célèbre (et le plus riche) au monde, il jure être incapable de prévoir les fluctuations des marchés boursiers.

Vincent Brousseau-Pouliot

Warren Buffett a beau être l'investisseur le plus célèbre (et le plus riche) au monde, il jure être incapable de prévoir les fluctuations des marchés boursiers.

«Je ne sais pas ce que feront les marchés boursiers dans une semaine, un mois ou un an», a avoué Warren Buffett samedi matin devant les actionnaires de son conglomérat Berkshire Hathaway.

«Chez Berkshire, nous ne suivons pas les marchés boursiers, continue-t-il. Oubliez le mot «actions». Nous laissons de côté 99% des actions à la Bourse mais, à un moment donné, nous voyons une entreprise qui représente une occasion d'affaires.»

«Nous étudions les chiffres d'une entreprise comme si nous achetions une ferme à Omaha. Vous ne voulez pas savoir la valeur de votre ferme chaque jour. Vous voulez plutôt savoir ce qu'elle produira comme revenus à long terme. Si votre évaluation est juste, le cours de l'action de l'entreprise devrait monter.»

Après avoir terminé son explication, Warren Buffett s'est tourné vers son lieutenant, Charlie Munger, numéro deux de Berkshire Hathaway. «Je n'ai rien à ajouter», a dit Munger. Et Buffett, réputé pour son sens de l'humour, de conclure: «Bravo, Charlie! Toi qui préparais cette réponse depuis des semaines...»

Buffett contre le boycottage des Jeux de Pékin

C'est bien connu, Warren Buffett aime le Coke - au point de détenir 8,6% des actions de l'entreprise.

Cet investissement fait de lui l'un des porte-étendards de Coca-Cola... et la cible d'actionnaires qui n'aiment pas que Coke soit l'un des principaux commanditaires des Jeux olympiques de Pékin.

Samedi, ils ont demandé à Berkshire Hathaway de promouvoir le retrait de Coca-Cola des Jeux de Pékin.

«À mon avis, c'est très difficile de classer des centaines de pays en matière de droits de la personne, a dit Warren Buffet. Il faut aussi se regarder soi-même. Au début du XXe siècle, les femmes ne pouvaient pas voter aux États-Unis. Je comprends votre point de vue, mais ce serait une erreur de boycotter les Jeux de Pékin. Plus il y aura de participants aux Jeux, mieux ce sera.»

Le président Munger?

«Je suis Charlie Munger et j'approuve ce message.» Non, l'assemblée annuelle de Berkshire Hathaway ne s'est pas transformée en congrès politique.

Le conglomérat d'Omaha aime plutôt divertir ses actionnaires. Chaque année, il prépare un dessin animé humoristique mettant en vedette le PDG Warren Buffett et son fidèle lieutenant, Charlie Munger, vice-président du conseil d'administration.

Cette année, le dessin animé portait sur la politique. C'est ainsi que, à la suggestion de Bill Gates - aussi membre du conseil d'administration de Berkshire Hathaway -, Charlie Munger décide de se porter candidat à la présidence des États-Unis.

Las de voir leur pays s'endetter, Gates, Buffett et Munger décident de fonder le Parti de l'indépendance financière. Leur slogan électoral: «Ce pays a besoin d'un leader qui est capable de faire de l'argent, pas seulement d'en dépenser!»

Pas question d'acheter les Cubs de Chicago

Warren Buffett encourage toujours les actionnaires de Berkshire Hathaway à lui faire des suggestions.

Samedi, il a reçu une proposition étonnante de la part d'un actionnaire de 9 ans (et grand amateur de baseball): acheter les Cubs de Chicago.

«Si j'avais ton âge et que je possédais assez d'argent, j'achèterais probablement aussi une équipe de sport professionnel, lui a répondu Warren Buffett. Mais de nos jours, acheter une équipe comme les Cubs est surtout une façon de devenir célèbre.»

«Je ne sais pas pourquoi, mais les gens riches veulent devenir célèbres. Un club du baseball majeur n'est pas mon genre d'investissement en temps normal, mais je suis certainement assez stupide pour faire ça!»

De toute façon, le PDG de Berkshire Hathaway possède déjà une équipe de baseball professionnel: les Royals d'Omaha, une équipe de calibre AAA.