Une petite société montréalaise de technologies du marketing ciblé décuple de taille et accède à la Bourse de Toronto en avalant la compagnie publique Groupe Datamark Systems (T.DMK), spécialisée dans la gestion de documents.

Sophie Brouillet

Une petite société montréalaise de technologies du marketing ciblé décuple de taille et accède à la Bourse de Toronto en avalant la compagnie publique Groupe Datamark Systems [[|ticker sym='T.DMK'|]], spécialisée dans la gestion de documents.

Komunik, dont le chiffre d'affaires annuel ne dépassait pas jusqu'ici les 10 M$ et qui employait 80 personnes, avale Datamark, également de Montréal, qui déclare des revenus de 112 M$ et embauche plus de 700 personnes.

Cette transaction de 36,5 M$ fait plus que doubler la dette de l'acheteuse.

Le titre de Datamark bondissait de 0,65 $ ou 43,6 % à 2,14 $ à la Bourse de Toronto lundi sous l'effet de cette annonce, faite en fin de journée vendredi. Selon Komunik, l'offre représente une prime de 49 % sur le cours du titre de Datamark.

Fondée en 2000, Komunik se spécialise dans les technologies sous-jacentes aux campagnes de marketing personnalisé déployées par la poste, au téléphone, sur Internet et dans les magasins. Elle dit desservir les départements de publicité de grandes entreprises canadiennes.

Quant à Datamark, elle produit des formulaires et des étiquettes et offre des services d'entreposage, de distribution de documents et d'information comptable.

«Datamark nous apporte une infrastructure physique», explique le PDG de Komunik, Alain Paquin, qui affiche des ambitions de croissance.

Outre ses produits et services, Datamark offre à l'acheteuse, qui n'avait que trois bureaux au Québec, un réseau de 21 points de vente, dont 19 au Canada et deux aux États-Unis.

«L'industrie du marketing relationnel est en forte expansion et on entend devenir des chefs de file dans le secteur, signale M. Paquin, qui n'en est pas à sa première acquisition. C'est une étape dans un plan plus important.»

Le président de Datamark, Jeffrey Zunenshine, considère pour sa part que la transaction est dans le meilleur intérêt de sa compagnie et des actionnaires.

«On fait de la gestion de documents depuis 29 ans et plusieurs segments de nos affaires, par exemple les formulaires d'entreprises, sont arrivés à maturité», explique-t-il. Le chiffre d'affaires de la compagnie a stagné au cours des quatre dernières années.

M. Zunenshine dit aussi croire au potentiel de croissance du marketing personnalisé, qui identifie les consommateurs et adopte son approche à leur profil plutôt que de s'adresser aux masses.

Si la bouchée est énorme pour l'acheteuse, elle ne craint pas une indigestion.

«Datamark est rentable, on est très complémentaires et il n'y a pas d'intégration physique des lieux à réussir», fait valoir Alain Paquin.

Les derniers profits annuels de Datamark se sont établis à 3,4 M$. Komunik ne divulgue pas ses propres bénéfices mais se dit rentable depuis longtemps.

Du montant d'achat total, 28,1 M$ sont payés en argent et 8,4 M$ par la prise en charge de la dette de Datamark.

Un fonds nord-américain dit «majeur», dont Komunik ne dévoile pas l'identité, finance l'acquisition à hauteur de 9 M$ en devenant copropriétaire de l'entreprise, dont il détiendra 13 %.

Komunik contractera aussi un emprunt qui fera grimper sa dette de 8,5 M$ à environ 20 M$.

L'acheteuse gardera son nom et s'attend à faire son entrée à la Bourse de Toronto après la clôture de la transaction, prévue pour le 16 avril.