Si le prix des récoltes de légumes surgelés et en conserve va bondir en Amérique du Nord, ce sera pire pour les légumineuses, affirment d'importants acteurs du marché.

Laurier Cloutier

Si le prix des récoltes de légumes surgelés et en conserve va bondir en Amérique du Nord, ce sera pire pour les légumineuses, affirment d'importants acteurs du marché.

La hausse du prix des légumineuses (pois chiches, haricots, lentilles) «est encore pire que celle des légumes», déclare Daniel Vielfaure, directeur général de Bonduelle Amérique du Nord, qui détient la marque Arctic Gardens et approvisionne Géant Vert-Green Giant au Canada.

Daniel Vielfaure «a dû signer des contrats en hausse de 12% à 18%» pour ses récoltes 2008 de légumes surgelés et en conserves, mais il évalue «de 30% à 100% l'augmentation de prix des légumineuses» à cause de la crise alimentaire mondiale.

Les coûts d'achat des légumineuses ont souvent doublé depuis un an et, dans certains cas, ont triplé ou quadruplé, renchérit à La Presse Affaires Assaad Abdelnour, président de CLIC International (Canadian Lebanese Investment Corp).

Les concurrents dans ce segment de marché comprennent Heins, Clark et Sunbright, note Daniel Vielfaure.

Le président de CLIC affirme que les coûts d'achat deviennent «quasiment hors contrôle récemment».

Un fournisseur sous contrat de Thaïlande vient de lui annoncer que le prix de son riz parfumé bondit immédiatement de 650 $ US à 1550$US la tonne. Par contre, Assaad Abdelnour doit donner un avis de huit semaines aux chaînes de supermarchés avant de monter ses prix.

Des pays comme la Chine, l'Inde et l'Égypte ont bloqué ces exportations et d'autres, comme l'Argentine, ont imposé un plafond. CLIC peut alors difficilement trouver d'autres fournisseurs, qui peinent déjà à servir leurs clients réguliers.

Assaad Abdelnour met en marché 1600 produits et jusqu'à 30% de son chiffre d'affaires provient du riz. La clientèle comprend les dépanneurs, les hôpitaux, les hôtels et les restaurants.

CLIC s'approvisionne au Canada (Ouest canadien, Ontario, Québec) et dans le reste du monde (Amérique du Sud, Asie), à 50%-50%.

La chute du dollar américain, la conversion du maïs en éthanol et la baisse des superficies de cultures pour l'alimentation expliquent le bond de prix des légumineuses, dit le président de CLIC.

«C'est devenu un marché de vendeurs qui limitent l'offre et haussent les termes de paiement. C'est risqué de stocker des poches de riz ou de couscous, car il faut les conserver à l'abri de l'humidité et de la chaleur pour assurer leur bon état. Patience, les récoltes s'en viennent, dès septembre prochain», dit Assaad Abdelnour.