Les acteurs du milieu du courtage direct sont engagés dans une véritable guerre de prix pour attirer les clients désireux d'effectuer eux-mêmes des transactions boursières sur Internet.

Michel Munger

Les acteurs du milieu du courtage direct sont engagés dans une véritable guerre de prix pour attirer les clients désireux d'effectuer eux-mêmes des transactions boursières sur Internet.

Ces derniers mois, plusieurs baisses de commissions ont été annoncées par des noms bien connus de l'industrie.

Depuis le 1er décembre, Disnat propose des transactions à 5 $ aux investisseurs qui effectuent au moins 10 transactions par mois. C'est la moitié de son ancien tarif.

S'adressant aux investisseurs actifs, Courtage Direct Banque Nationale (CDBN) propose maintenant des transactions à 4,95 $ aux clients qui en ont effectué 30 lors du dernier trimestre.

Du côté de la CIBC, l'on offre un forfait de 50 transactions pour 395 $ sur un an, ce qui équivaut à 7,90 $ par opération. Le prix descend à 6,95 $ si l'investisseur est plus actif que prévu.

Ces courtiers se battent pour leur part de gâteau dans un marché grandissant, dominé à 96% par les banques.

Les actifs en courtage direct au Canada ont crû de 13,3% à 154 G$ de septembre 2005 à septembre 2006. De plus, le nombre de transactions par trimestre oscille dans les environs de 4 à 5 millions.

Certaines institutions financières rappellent toutefois que leurs services et leurs tarifs ne sont qu'une pièce du puzzle au sein de l'industrie bancaire.

«Les clients font affaire avec différentes unités comme les hypothèques et les marges de crédit, explique Nicolas Milette, président de Courtage Direct Banque Nationale. Le courtage est un élément de l'offre globale et les banques sont de plus en plus agressives au niveau de la tarification. C'est indéniable.»

«Il y a d'abord un effort de rétention, poursuit le dirigeant. Le client malheureux chez un courtier risque de quitter l'institution avec son hypothèque. Aussi, il y a beaucoup de potentiel à travers les clients de la banque qui ont un compte de courtage ailleurs.»

Disnat, l'un des joueurs les plus agressifs au niveau des prix, tient un discours comparable.

«N'importe quel gestionnaire va garder une vue d'ensemble de la situation, dit Frédéric Paquette, vice-président au courtage en ligne chez Disnat. Quand les clients d'une unité d'affaires sont bien servis, ça se reflète bien sur l'institution financière au complet. Le prix des commissions fait partie de l'équation.»

Selon M. Milette, il ne s'agit pas simplement d'attirer les investisseurs les plus actifs comme les spéculateurs, qui représentent moins de 1% du marché et moins de 0,5% des clients de CDBN.

«Chez nous, précise-t-il, un client canadien typique va transiger de 5 à 6 fois par année. Les plus actifs vont effectuer 120 transactions par année.»

Et même si les commissions des courtiers directs diminuent, ces derniers estiment qu'offrir la transaction la moins coûteuse ne fait pas accourir les clients par magie. Ils exigent d'abord un service efficace et apprécient l'encadrement.

«Il ne faut jamais sacrifier le service pour baisser les prix, dit Frédéric Paquette, de Disnat. Il faut être concurrentiel, sans doute, mais il faut le faire de façon intelligente. Si nous abaissons le prix, il faut préserver un excellent niveau de service et continuer à éduquer la clientèle.»

«Jamais dans l'histoire du courtage direct, enchaîne Nicolas Milette, les gens n'auront eu autant de fonctionnalités très sophistiquées et d'outils sur le Web pour aussi peu. Ils sont vraiment gagnants.»