L'usine d'avions régionaux de Bombardier à Toronto ajoutera une commande d'importance à son carnet déjà bien garni, ce qui contraste avec les usines de jets régionaux à Dorval et Mirabel.

Martin Vallières

L'usine d'avions régionaux de Bombardier à Toronto ajoutera une commande d'importance à son carnet déjà bien garni, ce qui contraste avec les usines de jets régionaux à Dorval et Mirabel.

Cette fois, c'est un transporteur régional américain, Pinnacle Airlines, qui achètera 15 avions turbopropulsés Q400, d'une capacité de 74 passagers.

La commande pourrait valoir quelque 390 millions US (456 millions CAN) en revenus pour Bombardier Aéronautique, selon le prix moyen de 26 millions US de chaque appareil.

Les détails financiers du contrat sont en voie d'être finalisés, selon Pinnacle Airlines. Chez Bombardier, on préfère attendre la signature du contrat avant de commenter davantage.

"Tout ce qu'on peut dire pour le moment, c'est que le marché de ces avions (série Q) demeure très favorable pour la production à l'usine de Toronto", a dit le porte-parole de la division des avions régionaux, Burt Cruickshank.

N'empêche, Pinnacle Airlines, qui est établi à Memphis, au Tennessee, est un habitué des avions de Bombardier.

Il exploite 135 jets régionaux CRJ-200 de 50 passagers dans le ciel nord-américain, à titre d'affilié régional du transporteur Northwest Airlines.

Quant à son achat de 15 turbopropulsés Q400, ces avions seront utilisés pour un nouveau contrat de 10 ans d'une filiale de Pinnacle, Colgan Air, comme nouvel affilié régional de Continental Airlines.

Ces avions seront basés à l'aéro-port de Newark, en banlieue de New York, la plaque tournante de Continental.

La première livraison d'un Q400 neuf est prévue dès décembre prochain, pour un début d'exploitation au début de l'année 2008.

Rapproché en apparence, un tel échéancier de livraison est devenu habituel depuis plusieurs mois à l'usine des Q400 à Toronto.

Pour répondre à la demande, Bombardier y augmente la cadence de production de quatre à 5,5 avions par mois. Cette décision a requis le rappel et l'embauche de centaines de travailleurs au cours des derniers mois.

L'usine de Toronto, qui assemble aussi les gros jets d'affaires Global, fonctionne à un régime inégalé depuis plus d'une décennie.

Inquiétude

Cette situation contraste avec l'inquiétude aux usines de jets régionaux de Bombardier dans la région de Montréal, en raison de la maigreur du carnet de commandes. L'avionneur vient d'ailleurs d'y amputer 485 emplois additionnels.

À l'usine de Toronto, grâce au regain de popularité des turbopropulsés, réputés très efficaces pour les vols courts, l'effectif total vient de passer le seuil des 4000 salariés.

Avec l'achat annoncé par Pinnacle, le carnet de commandes des Q400 se maintient autour de 70 appareils.

Au moins 135 avions Q400 ont été livrés depuis leur lancement, il y a sept ans.

La clientèle récente des Q400 et Q300 comprend le transporteur torontois Porter Airlines, ainsi que Frontier Airlines, de Denver, au Colorado.

En Europe, on compte les transporteurs suisses Sky Work et Flybaboo (M1 Travel).

En Asie, Bombardier a vendu récemment des turbopropulsés à QantasLink, filiale régionale Qantas Airways en Australie, de même que chez Air New Zealand, ainsi que la patrouille maritime du Japon.

Hier, le titre de Bombardier a perdu 2 cents, à 4,73$. Il est en hausse de près de 20% depuis le début de l'année.