L'Argentine attire toujours plus d'Européens ou d'Américains adeptes de la chirurgie esthétique, séduits par la qualité et le prix des interventions mais aussi par les charmes du pays.

Agence France-Presse

L'Argentine attire toujours plus d'Européens ou d'Américains adeptes de la chirurgie esthétique, séduits par la qualité et le prix des interventions mais aussi par les charmes du pays.

«Pour mes vacances, je voulais passer du bon temps et me faire refaire les seins, à Buenos Aires j'ai fait les deux à moindre coût», a raconté Adriana, une jeune italienne de 28 ans.

Depuis la crise économique de 2001, le taux de change est passé de un dollar pour un peso, à un dollar pour trois pesos, rendant du même coup beaucoup plus accessibles les opérations chirurgicales, mais aussi les dépenses de séjour dans un pays qui se découvre depuis trois ans une vocation touristique.

Un implant mamaire coûte en moyenne 2.500 dollars à Buenos Aires, quand on en demande le triple, voire davantage, à Los Angeles, Paris ou Madrid.

«Mais la qualité est la même!», assure le docteur Guillermo Blugerman, chirurgien à la tête d'une équipe médicale de près de 20 personnes dans sa clinique B&S, spécialisée dans la chirurgie plastique.

«Avant la dévaluation de 2001, nous avons pu importer du matériel de très haute qualité», explique-t-il. Virginia, une Espagnole de 22 ans, est venue spécialement de Madrid pour le prix, bien sur, mais aussi pour «le professionnalisme» des praticiens argentins.

Une amie lui avait conseillé de faire le voyage et elle ne regrette pas, apparemment satisfaite de ses nouvelles formes.

Les chirurgiens argentins assurent même être en avance sur leurs homologues européens pour certaines opérations. La technique de la liposuccion au laser fut élaborée en Italie «mais nous l'avons largement améliorée pour en faire une de nos spécialités», assure Guillermo Blugerman.

La chirurgie esthétique n'est pas une nouveauté dans le pays. «La demande locale a toujours été importante», observe ainsi Soraya Abboud, une des responsables de la clinique Ultrasthetics Argentina.

«Nos chirurgiens sont parmis les plus expérimentés», poursuit-elle.

Aujourd'hui encore, 60% des interventions sont réalisées sur des patients argentins, pour qui l'effort financier n'est pas le même. «On a plusieurs cas de clients qui ont vendu leur maison pour s'offrir une intervention», explique le docteur Blugerman.

À en croire le chirurgien, le pays occuperait la troisième place mondiale pour le nombre d'interventions par habitant derrière le Brésil et les Etats-Unis.

Afin que les patients étrangers rapportent d'autres souvenirs d'Argentine que leur peau nouvellement tendue ou leurs seins refaits, certaines cliniques s'improvisent agences de voyage. Depuis 2003, la clinique Plenitas propose ainsi à ses clients des excursions en Patagonie (sud) ou aux chutes d'Iguazu dans le nord du pays.

«Et ces tours organisés avant l'intervention séduisent de plus en plus. Environ 40% de nos clients étrangés opte pour cette formule», se rejouit Martín Díaz, responsable marketing de Plenitas.

Les professionnels du tourisme ont eux aussi compris l'intérêt que représentait la chirurgie esthétique.

L'agence de voyage Tangol, qui propose un panel d'activités touristiques typiquement portègnes (de Buenos Aires), a récemment ajouté une rubrique médicale à la liste des de ses activités. Entre un match de football à Boca Juniors et un cours de tango, l'agence propose désormais à ses clients un lifting ou une injection de silicone.