Plus de 25 promoteurs de projets éoliens se sont bousculés au portillon de Hydro-Québec, mercredi, en réponse à l'appel d'offres de la société pour 2000 mégawatts d'électricité.

Denis Arcand

Plus de 25 promoteurs de projets éoliens se sont bousculés au portillon de Hydro-Québec, mercredi, en réponse à l'appel d'offres de la société pour 2000 mégawatts d'électricité.

L'abondance de soumissions ouvertes permettra à Hydro-Québec de choisir parmi 66 propositions de parcs éoliens qui, si on les construisait tous, donneraient rien de moins que 7724 MW installés, presque quatre fois la puissance demandée par la société d'État.

«Hydro-Québec prévoit annoncer les soumissions gagnantes en février 2008 et signer les contrats d'ici mai 2008», a dit Josée Morin, porte-parole de la société.

Pour Hydro-Québec, il s'agit du second appel d'offres pour de l'électricité éolienne. Le premier, pour 1000 MW, s'est conclu en février 2005 par la signature de huit contrats. Ce premier appel d'offres était limité à des projets situés en Gaspésie ou près de Matane.

Cette fois par contre, seulement 30% des investissements doivent se faire dans les régions Gaspésie, Îles-de-la-Madeleine et Matane. Plusieurs des projets soumis hier sont dans ces régions, mais les autres sont éparpillés un peu partout au Québec.

Parmi les groupes qui ont présenté des offres hier, il y a des noms connus.

Northland Power, une firme qui avait déjà remporté deux contrats totalisant 250,5 MW en 2005, propose cette fois six projets totalisant 644 MW, en Beauce, sur la Côte-Nord, en Gaspésie et dans le Bas-Saint-Laurent.

Le plus avancé des deux projets, celui de Saint-Ulric-Saint-Léandre (150 MW), a passé les audiences du BAPE et reçu son certificat d'autorisation du ministère de l'Environnement.

On retrouve aussi Transcanada et Innergex, les deux firmes qui avaient remporté en 2005 la part du lion du premier appel d'offres de 1000 MW éoliens de Hydro-Québec.

À ce moment, Transcanada et Innergex s'étaient alliés pour former une coentreprise, Énergie Éolienne Cartier, qui avait remporté des contrats totalisant 739,5 MW avec six projets en Gaspésie.

Un de ces parcs éoliens, celui de Baie-des-Sables, a été mis en service en novembre 2006; il fournit 109,5 MW au réseau.

Un autre, celui d'Anse-à-Valleau (100,5 MW), doit être mis en service le mois prochain.

Cette fois, Transcanada et Innergex reviennent chacun de leur côté. Transcanada propose 10 projets totalisant 978,5 MW dans diverses régions. Innergex y va de trois projets totalisant 322,5 MW.

Le village gaspésien de Cap-Chat aurait le plus petit projet, seulement 7,2 MW, mais le nom de son promoteur est le plus long: Coopératives regroupées en énergie renouvelable du Québec.

La proposition la plus puissante est un parc éolien de 499,5 MW proposé à la Baie-James par SkyPower, une firme établie en Ontario mais contrôlée par le groupe financier américain Lehman Brothers. SkyPower propose en tout six projets totalisant 967,5 MW.

SkyPower mise notamment sur un parc éolien de 75 MW qui serait installé dans la réserve indienne de Listuguj, en Gaspésie.

L'appel d'offres spécifie qu'on encouragera «les projets qui contribueront au développement et à la participation des communautés locales et autochtones».

Un des projets les plus attendus est la coentreprise qui unit la québécoise Boralex (filiale des Papiers Cascades) et Gaz Métro, qui a la bénédiction du Grand Séminaire de Québec.

Les deux firmes se sont entendus avec le Grand Séminaire, qui possède les immenses terres de la Seigneurie de Beaupré.

Sur ces terres éloignées de toute zone habitée, Boralex et Gaz Métro construiraient trois parcs éoliens de 103,3 MW, 132,6 MW et 139,3 MW. Leur partenaire, le fabricant Énercon, construirait une usine à Matane.

L'appel d'offres de Hydro-Québec stipule qu'un minimum de 60% des coûts globaux de chaque parc éolien devra être engagé au Québec.

En prévision de l'appel d'offres d'Hydro-Québec et de ses normes de retombées économiques au locales, SkyPower avait payé 5 millions de dollars, le mois dernier, pour acquérir 20,9% du fabricant de turbines AAER, de Bromont.