In: les banques, le commerce au détail, les mines, la construction. Out: les manufacturiers, le pétrole, le gaz naturel.

Vincent Brousseau-Pouliot

In: les banques, le commerce au détail, les mines, la construction. Out: les manufacturiers, le pétrole, le gaz naturel.

Comme la mode, certains secteurs économiques sont à l'avant-garde. Ils encaissent des profits records. D'autres sont dépassés par les événements et ralentissent la croissance de l'économie.

Les sociétés canadiennes ont eu de la difficulté à suivre la mode en 2006. Pour la deuxième année consécutive, le taux de croissance de leurs bénéfices d'exploitation a chuté, s'établissant à 7,3%. Les profits des sociétés canadiennes avaient cru de 20% en 2004 et 11,1% en 2005. Elles ont tout de même engendrées des bénéfices d'exploitation de 231,7 milliards de dollars l'an dernier.

Au banc des accusés: l'industrie pétrolière et gazière, dont les profits n'ont augmenté que de 2,3% pour atteindre 31,1 milliards. Ce montant représente 13,4% de l'ensemble des bénéfices des sociétés canadiennes en 2006. «Nous assistons à un net ralentissement dans cette industrie, dit Benoît Durocher, économiste au Mouvement Desjardins. Les prix de l'énergie ont reculé depuis le sommet atteint en novembre 2005. Ils sont toujours élevés, mais la croissance n'est plus là.»

Les manufacturiers ont réalisé des profits de 42,3 milliards l'an dernier. Aucun autre secteur n'a été aussi rentable: il représente 18,3% des bénéfices des sociétés canadiennes. Même si les manufacturiers ont connu une croissance anémique, par rapport à 2005, de 0,7%, l'économiste Benoît Durocher n'est pas aussi sévère à leur égard.

«C'est un secteur durement touché mais ce n'est pas nouveau, dit-il. Les manufacturiers ont connu plusieurs moments de faiblesse dans le passé. Leur taux de croissance frôlait les -20% lors de certains trimestres en 2005. L'histoire ne fait que se répéter.»

Heureusement, les services financiers sont dans le vent avec une croissance globale de 9,3%. Les profits des banques par l'entremise de leurs activités de dépôt ont atteint 26,4 milliards, en hausse de 14,3%. Les assureurs ont généré des bénéfices de 13,9 milliards, en hausse de 8,2%. La croissance a été plus modeste dans le secteur des valeurs mobilières, qui a affiché des profits de 15 milliards, en hausse de 1,8%. «Les activités financières vont relativement bien et cette situation ne changera pas en 2007», dit M. Durocher.

La croissance la plus spectaculaire revient au secteur de la construction, dont les profits sont passés de 6,9 milliards à 9,7 milliards, en hausse de 40,4% et de 2,8 milliards. Seuls les activités de dépôt des banques ont engendré une hausse plus importante en termes de dollars (3,3 milliards).

«La hausse des profits dans la construction sera peut-être moins forte en 2007, prévient M. Durocher. Il y aura des projets importants au Québec comme le CHUM et les barrages d'Hydro-Québec, mais l'essentiel de la croissance provient de l'ouest du pays, où le prix des maisons se stabilise tranquillement.»

Les entreprises spécialisées dans les mines (profits de 4,7 milliards, en hausse de 12%), le commerce de gros (16,6 milliards, en hausse de 15,1%), le commerce au détail (14,2 milliards, en hausse 20,2%) et l'immobilier (11,1 milliards, en hausse de 10,2%) ont été plus rentables que la moyenne des sociétés canadiennes.

D'autres secteurs ont traîné la patte: l'agriculture, la foresterie, la pêche et la chasse (profits de 2,3 milliards, en hausse de 4,2%), les services publics (2,8 milliards, en baisse de 13,4%), le transport et entreposage (11,3 milliards, en hausse de 3,7%), l'information et la culture (8,7 milliards, en hausse de 6,6%), les arts, spectacles et loisirs (0,3 milliard, en baisse de 42,7%), l'hébergement et la restauration (1,2 milliard, en baisse de 24%) ainsi que la réparation, l'entretien et les services personnels (1,5 milliard, en hausse de 0,1%).

En 2007, Benoît Durocher, du Mouvement Desjardins, prévoit une hausse des profits des sociétés canadiennes inférieure à la moyenne de 7,3% obtenue l'an dernier.